Bruxelles, 13/04/2005 (Agence Europe) - L'importance de l'éducation des femmes a été soulignée la semaine dernière à Bruxelles lors de la conférence du Forum international des femmes arabes sur le thème « Les femmes comme moteurs de la croissance économique dans le monde arabe - Dix ans après le processus de Barcelone: donner aux femmes le pouvoir de catalyseur du développement économique », organisée au Parlement européen à l'initiative de la radicale italienne Emma Bonino, pour le groupe ALDE.
La Commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner a rappelé devant les participants qu'elle a proposé d'augmenter « d'au moins 50% à partir de 2007 nos financements » à l'éducation dans la région. Et elle a précisé que dans la communication qu'elle doit présenter cette semaine sur dix ans de processus de Barcelone, la Commission entend, dans ce domaine: - mettre l'accent sur l'éradication de l'analphabétisme d'ici 2015, en assurant en même temps que « l'inégalité entre genres disparaît à tous les niveaux d'éducation ». « Je demanderai aux partenaires de prendre des engagements politiques significatifs », annonce-t-elle ; - proposer de lancer un nouveau programme de bourses pour les étudiants universitaires de la région, en veillant là aussi que « la voie des femmes vers le succès et l'épanouissement ne soit pas bloquée par des discriminations ». C'est essentiel que les femmes bénéficient de ces possibilités d'étudier à l'étranger, insiste Mme Ferrero-Waldner ; - établir un réseau de haut niveau de femmes jouant un rôle de leader dans le monde économique, non gouvernemental et politique. Ces femmes ont beaucoup à gagner de notre expérience de femmes européennes, a estimé l'ancienne ministre autrichienne des Affaires étrangères, qui a rappelé qu'elle avait été la première femme chef du Protocole à l'ONU, nommée par le premier Secrétaire général arabe de l'ONU, l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali.
Mme Ferrero-Waldner a tenu à souligner les résultats positifs obtenus par certains pays, comme la Jordanie, où le taux d'alphabétisation des femmes, à 85%, est presque égal à celui des hommes, par rapport à une moyenne de 50% dans la région. Il y a dix ans, la Déclaration de Barcelone citait déjà explicitement le rôle primordial des femmes en faveur du développement, a rappelé pour sa part le président du Parlement européen Josep Borrell, tout en déplorant que, les indicateurs des Nations unies sur le développement humain fassent ressortir que, en termes d'égalité, les pays arabes du processus de Barcelone se retrouvent entre la 64% et la 100ème place.
Par ailleurs, dans ces pays, 63% des personnes ayant un titre universitaire sont en moyenne des femmes, mais les femmes ne représentent que 32% de la main-d'oeuvre, a noté M. Borrell, qui a promis, comme président de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, de s'engager pleinement en faveur d'une coopération sans tabou avec les pays du processus de Barcelone, en cette année déclarée par l'UE Année de la Méditerranée.
En ouvrant les travaux, Haifa Fahoum Al Kaylani, présidente de l'Arab International Women's Forum, a plaidé: étant donné les « persistantes barrières sociales et économiques qui limitent un véritable accès des femmes aux chances » qui devraient leur être offertes, les gouvernements doivent reconnaître l'importance des questions de genre, car l'égalité entre les sexes n'est pas seulement dans l'intérêt des femmes, mais de la croissance économique et de la société tout entière. Les femmes ne devraient pas avoir à choisir entre une carrière et la famille, insiste-t-elle. Si dans le monde arabe, moins d'un tiers des femmes participent au marché de l'emploi, de plus en plus de femmes occupent des places de premier plan dans les gouvernements, le monde économique et universitaire, reconnaît cependant Haifa Fahoum al Kaylani, en signalant par exemple la création du Council for Arab Businesswomen, sous l'égide de la Ligue arabe, à la fin des années 90. Par ailleurs, elle a rappelé que le dialogue lancé à Bruxelles se poursuivra les 12 et 13 juin au Caire avec une conférence sur « Les femmes et le développement rural intégré ».
Quant à Rwya Saud Al Busaidi, ministre de l'enseignement supérieur du Oman, elle a mis l'accent en particulier sur la formation permanente: « un manager doit continuer à apprendre », et « l'apprentissage tout au long de la vie à travers des sphères différentes est aujourd'hui une réalité qui saute aux yeux », dit-elle en soulignant aussi l'importance de l'échange de meilleures pratiques au niveau international. Dans les pays arabes, les gouvernements semblent plus enclins que le secteur privé à donner un rôle de premier plan aux femmes, constate-t-elle, en signalant qu'en Oman, par exemple, trois femmes ont été nommées ministres au cours des trois dernières années.