Bruxelles, 22/03/2005 (Agence Europe) - Face à l'opposition de l'administration américaine et aux menaces de représailles commerciales proférées par le Congrès américain, et après l'adoption par l'Assemblée nationale de la république populaire de Chine d'une loi antisécession réveillant la menace d'un conflit avec Taiwan (voir EUROPE du 16 mars, p. 6), le Royaume-Uni veut, selon le Financial Times, retarder la levée de l'embargo sur les armes à la Chine et cherche le soutien d'autres gouvernements européens pour reporter une telle décision de l'UE jusqu'en 2006. La France, qui est comme l'Allemagne partisane d'une levée de l'embargo et souhaiterait qu'une décision soit prise avant fin juin, résiste encore, alors que certains Etats membres de l'UE très proches de Washington (notamment ceux qui participent à la coalition en Irak comme le Royaume-Uni et l'Italie) sont plutôt favorables à un report de la décision à une date qui irait bien au-delà du semestre de Présidence luxembourgeoise, comme prévu par le Conseil affaires générales de décembre 2004 (voir EUROPE du 21 décembre). De source diplomatique citée par le Financial Times, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jack Straw, a essayé la semaine dernière de convaincre son homologue italien, Gianfranco Fini, d'accepter un report de la levée de l'embargo, et le Royaume-Uni serait aussi en pourparlers avec la Suède qui ferait elle-même pression sur d'autres membres de l'UE.
En Allemagne, le principal parti d'opposition, la CDU, a demandé au chancelier Gerhard Schröder de renoncer à défendre une levée de l'embargo lors du Sommet de printemps de ces mardi et mercredi ou du Conseil européen de juin. Selon la CDU, après l'adoption par Pékin de la loi antisécession concernant Taiwan, une levée de l'embargo serait un « signal désastreux ».
Le Parti européen des libéraux démocrates et réformateurs (ELDR) a, pour sa part, appelé les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à renoncer à lever l'embargo sur les armes à Pékin tant que la situation des droits de l'homme et la démocratisation n'ont pas progressé et que des menaces pèsent sur l'intégrité territoriale de Taiwan. Le président du parti, Werner Hoyer, a rappelé le consensus existant au sein du Parlement européen contre la levée de l'embargo et a mis en garde le président Chirac et le chancelier Schröder contre une telle décision qui, en outre, nuirait inutilement à la relation transatlantique.
Cette semaine, Graham Watson, président du groupe ALDE au PE, est actuellement en Chine à l'invitation du Parti communiste, avec des membres du groupe (Marielle De Sarnez, Lapo Pistelli, Dirk Sterckx et Ona Jukneviciene). Les députés ont notamment posé le problème de la loi anti-sécession concernant Taiwan.