Bruxelles, 21/03/2005 (Agence Europe) - Lors d'une audition publique organisée le 15 mars au Parlement européen, experts et parlementaires ont réitéré leur opposition à une réduction des crédits de la politique de développement rural, dans le contexte de la rude bataille qui s'annonce dans la négociation entre Etats membres sur les perspectives financières 2007-2013 (voir EUROPE du 16 mars 2005, p.7 sur les dernières discussions au Conseil Agriculture-Pêche).
En réagissant à la proposition de la Commission européenne de juillet 2004 sur le nouveau Fonds européen de développement rural, le Français Philippe Lacombe, de l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) a déclaré: « si on place la Stratégie de Lisbonne au centre des préoccupations communautaires, alors le développement rural devient fondamental: il s'agit ici de préserver l'emploi et de dynamiser les zones rurales. La société s'intéresse au monde rural pour ses débouchés et les produits qu'il fournit, il faut donc profiter de cet intérêt ». Andrea Fugaro, de l'organisation agricole italienne Coldiretti, a souligné que le développement rural devrait être intégré aux autres politiques communautaires. « Les citoyens qui vivent en zone rurale doivent bénéficier de la même gouvernance, des mêmes services et des mêmes infrastructures que les autres », a-t-il estimé. « Il n'y aura pas de développement rural sans argent », a prévenu la parlementaire Agnès Schierhuber (PPE-DE, autrichienne), rapporteur sur le dossier. Pour Elisabeth Jeggle (PPE-DE, allemande), les « débats sur la réduction du budget de l'UE sont en complète contradiction avec les objectifs du développement rural. Tôt ou tard, quelqu'un devra en payer le prix ». Marie-Hélène Aubert (Verts/ALE, française) a indiqué que le financement du développement rural ne doit pas se limiter à de simples considérations esthétiques visant à préserver le paysage des zones agricoles européennes. Selon elle, le développement rural est « une partie intégrante de l'agriculture durable ». Nils Busk (ADLE, danois) a souligné qu'il fallait veiller à ce que les terres soient remises dans l'état où les agriculteurs les ont reçues: selon lui, la réduction de la production a été bénéfique. Pour Katerina Batzeli (PSE, grecque), le financement des différents axes du développement rural ne doit être qu'indicatif et doit « être complémentaire avec le financement prévu dans le cadre de la politique régionale ».