Bruxelles, 21/03/2005 (Agence Europe) - Lors d'une conférence intitulée More and better jobs for women: a EU priority ?, le président du Parti des socialistes européens (PSE), Poul Nyrup Rasmussen, s'est dit « un petit peu optimiste » sur la possibilité que le Sommet de printemps des 22 et 23 mars arrive à des conclusions assez claires sur la stratégie de Lisbonne. Cette stratégie « est notre bébé », a-t-il dit aux femmes du PSE, en rappelant qu'en mars 2000, à Lisbonne, la majorité des gouvernements de l'UE étaient socialistes ou sociaux-démocrates (et en constatant qu'à présent, pour la première fois, les deux pays ibériques de l'UE ont un gouvernement socialiste). Pour « la survie de notre société », nous avons besoin des femmes, et elles ont besoin d'égalité de traitement, de chances et de salaires, a-t-il martelé, en rappelant, sur ce dernier point, que le Danemark dispose d'une législation très efficace qui oblige de présenter des statistiques comparant les rémunérations des femmes et des hommes faisant le même travail. Au niveau politique, l'ancien Premier ministre danois a signalé que le 12 avril prochain, pour la première fois, une femme sera candidate, face à un homme, pour le nouveau leadership du Parti social-démocrate danois. Et il a ajouté: cette femme, l'ancienne parlementaire européenne Helle Thorning Schmidt, est « forte », et d'ailleurs elle a dit: « je suis celle qui peut battre Anders » (le Premier ministre Rasmussen). M. Rasmussen a, par ailleurs, félicité l'ancienne Commissaire européenne aux affaires sociales et ancienne ministre grecque Vasso Papandreou: votre parti, le Pasok, a décidé lors de son dernier congrès un quota de 40% pour les femmes, et après avoir longuement réfléchi, je pense que les quotas sont nécessaires, lui a-t-il dit.
A la même occasion, le Commissaire européen aux Affaires sociales Vladimir Spidla a souhaité « ouvrir une nouvelle ère de la politique d'égalité ». La participation des femmes est capitale pour le processus de Lisbonne, a-t-il reconnu, en notant que l'objectif de Lisbonne d'un taux d'emploi de 60% pour les femmes en 2010 est « à la portée de la main ». Mais « la participation au marché de l'emploi est une chose, un emploi de qualité, en est une autre », a-t-il admis. L e modèle « Kinder, Kirche, Küche (enfants, église, cuisine) est dépassé depuis longtemps, a dit M.Spidla, qui a plaidé pour le droit des femmes de travailler et avoir des enfants. Il n'est pas question qu'en Europe on ait de moins en moins d'enfants parce que femmes et hommes n'arrivent pas à concilier travail et vie familiale, s'est-il écrié. 84% des hommes sont au courant de leurs droits en matière de congé parental, mais ils n'en profitent pas, a indiqué M. Spidla. Les sondages qui montrent l'important écart entre le nombre d'enfants des couples européens et le nombre d'enfants qu'ils souhaiteraient avoir révèle un « désir d'enfants », a-t-il signalé.
La parlementaire européenne Zita Gurmai, présidente des femmes du PSE, a insisté, elle aussi sur une meilleure utilisation du potentiel que représentent les femmes sur le marché du travail. A propos des écarts de salaires entre hommes et femmes, qui vont dans l'UE de 16 à 30% selon les Etats membres, elle a noté que son pays , la Hongrie, s'en tire plutôt mieux que la moyenne, avec 9,5%. Quant à la stratégie de Lisbonne, elle a lancé: l'approche du Président Barroso n'est que « la moitié de l'histoire, ou plutôt un tiers » (allusion à l'insistance de la Commission sur l'un des trois piliers de la stratégie économique).