Bruxelles, 24/02/2005 (Agence Europe) - L'ambassadeur américain auprès de l'UE, Rockwell Schnabel, a défendu jeudi la position américaine sur l'Iran, y compris la phrase un peu déroutante lancée par le Président Bush lors de sa conférence de presse commune avec Jean-Claude Juncker à l'issue de la rencontre avec les dirigeants de l'UE, lorsqu'il a affirmé: «Cette idée que les Etats-Unis se préparent à attaquer l'Iran est tout simplement ridicule. Ceci dit, toutes les options sont sur la table » (voir EUROPE d'hier, pp.4-6). Cette déclaration de M. Bush contient un « message » soigneusement réfléchi qui reflète d'ailleurs parfaitement « l'approche du bâton et de la carotte » que les Américains et les Européens - qui partagent tout à fait le même objectif - sont en train d'appliquer à l'égard de Téhéran, a expliqué M. Schnabel lors de la conférence annuelle du Centre for European Policy Studies (CEPS). Nos politiques à l'égard du problème iranien sont complémentaires, « dans la mesure où les Européens négocient, et que nous sommes derrière eux », a dit l'ambassadeur, pour qui « ceci devrait faciliter les négociations des Européens avec l'Iran » (voir la nouvelle précédente).
M. Schnabel a aussi dressé un bilan plus que satisfaisant de la visite de M.Bush à Bruxelles. « M.Bush a été comme il est réellement, dans sa vie privée et professionnelle, avec ses convictions très fortes et son habilité de faire passer son message et de ne pas tourner autour du pot », a affirmé l'ambassadeur, qui connaît M. Bush depuis de longues années, lorsque le Président était encore dans le monde des affaires. Et l'un des résultats les plus importants de la visite a été que les dirigeants européens ont vraiment eu l'occasion de faire personnellement connaissance avec M.Bush, « en tant que Président des Etats-Unis, mais aussi en tant qu'être humain », a estimé M.Schnabel. Mais au-delà des contacts personnels, la visite du Président visait avant tout à démontrer et souligner la grande importance que M. Bush attache aux relations avec l'Europe et avec l'Union européenne en particulier: « La visite était le message », souligne M. Schnabel, qui regrette le « malentendu » qui existe en Europe depuis la première élection de M. Bush en 2000 selon lequel la politique américaine à l'égard de l'UE aurait changé après le départ de Bill Clinton. « Non, la politique est la même qu'avant, elle n'a pas changé », mais peut-être la « perception » européenne de la politique américaine, a-t-elle changé de manière négative sous l'influence de sujets controversés tels que le Protocole de Kyoto, certains conflits commerciaux, la dispute autour de la Cour Pénale Internationale et la guerre en Irak. Il est clair pour M.Bush que l'Union européenne constitue « l'organisation clé pour traiter avec l'Europe ». « Ceci ne veut pas dire qu'aux yeux des Américains, l'OTAN est en train de perdre de l'importance. Loin de là. Nous continuons à croire que l'OTAN est le pilier central de notre relation de sécurité avec l'Europe. Soyons donc clairs: les Etats-Unis considèrent toujours que le rôle de l'OTAN est vital, mais ils reconnaissent et se félicitent aussi de l'importance croissante de l'Union européenne », a dit M. Schnabel.