Strasbourg, 24/02/2005 (Agence Europe) - Mercredi, devant la presse, à Strasbourg, l'élue européenne d'Alleanza Nazionale, Cristiana Muscardini, s'est inquiétée de la réduction d'influence de la langue italienne au sein des institutions de l'UE (voir EUROPE d'hier, p.15). Les parlementaires européens issus des rangs d'Alleanza Nazionale, a-t-elle dit, "feront grève" et n'assisteront pas aux réunions du Parlement "lors desquelles aucune traduction vers l'italien n'a lieu ni lorsque des documents d'urgence ne seront pas disponibles dans les langues officielles du Parlement", ou au moins en français, anglais et allemand. Selon elle, de trop nombreux textes ne sont disponibles qu'en anglais, ou éventuellement en allemand, mais pas en français.
La présence de ressortissants italiens à des postes clés dans les institutions européennes, en particulier à la Commission, est également révélatrice de cette marginalisation linguistique, insiste Mme Muscardini. Une faiblesse imputable, selon elle, à la Commission Prodi et à son manque d'empressement de défendre la position italienne. Et d'énumérer le nombre insuffisant, dit-elle, de postes de Directeurs généraux, de Directeurs adjoints et de Directeurs à la Commission actuellement occupés par des Italiens. Pour cette dernière fonction, la plus importante en termes quantitatifs, "l'Italie, avec 19 Directeurs, dont 3 partiront à la retraite, est plus mal placée que des pays qui sont moins peuplés qu'elle" comme l'Espagne (25) et la Belgique (24), a-t-elle souligné. L'Italie est aussi devancée par la France et le Royaume-Uni (30 chacun), ainsi que par l'Allemagne (25).
Les députés ont adressé une lettre dénonçant la situation au Premier ministre italien Silvio Berlusconi et au ministre des Affaires étrangères, Gianfranco Fini. Mme. Muscardini sollicite une réaction d'ici le Conseil européen de mars, lors duquel elle espère que la question de "la marginalisation toujours plus évidente" de l'Italie sera discutée.