Luxembourg, 15/02/2005 (Agence Europe) - Les ministres de la Coopération au développement de l'UE ont débattu, mardi à Luxembourg, des moyens dont l'UE - premier contributeur au Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme - pourrait fournir une réponse efficace et durable à la pandémie de VIH/sida, au niveau global et au niveau des pays affectés. L'augmentation des contributions financières à ce fonds est indispensable (la reconstitution des ressources du Fonds est prévue en 2005), mais elle ne suffit pas, et elle doit s'accompagner de priorités communes, de stratégies combinées de prévention et d'accès au traitement dans une approche intégrée et coordonnée, ont convenu les ministres.
Alimentée par un document de réflexion de la Présidence luxembourgeoise et la contribution du Docteur Piot d'ONUSIDA, la réflexion visait à dégager des orientations pour la mise en œuvre de l'initiative « Three Ones » de l' ONUSIDA, initiative à laquelle ont souscrit tous les donateurs pour une réponse globale et exceptionnelle à une crise globale de dimension exceptionnelle. L'épidémie a entraîné à ce jour plus de 25 millions de morts, et le nombre de personnes infectées est passé de 36,6 millions en 2002 à près de 40 millions en 2004, l'Afrique subsaharienne étant toujours la zone la plus touchée (1 adulte sur 50 infecté dans 5 pays). Si cette question n'est pas traitée de façon adéquate, la plupart des objectifs de développement pour le millénaire ne pourront pas être atteints à long terme, eu égard aux conséquences humaines, sociales et économiques d'un fléau qui décime les forces vives de pays déjà pauvres. La Présidence luxembourgeoise l'a rappelé en introduisant le débat.
Tirant les enseignements du tour de table, le Président du Conseil, Jean-Louis Schiltz, a déclaré à la presse: « Tous les Etats membres et la Commission se sont engagés à continuer à faire de la lutte contre le sida une priorité (…). La lutte contre le sida se fondera sur des stratégies nationales, une autorité de coordination nationale et un système d'évaluation et de contrôle par pays ». M. Schiltz a aussi souligné l'importance cruciale qu'attache le Conseil à la formation et au renforcement des capacités humaines locales dans les pays en développement affectés par le sida. « Il nous importe de nous assurer que là où il existe un programme de prévention, il existe aussi un programme de traitement », a-t-il déclaré. Selon lui, il faut une approche intégrée mettant l'accent sur trois volets indissociables: «la prévention, le traitement et les soins, et les efforts en matière de recherche ».
Rappelons que l'UE s'est dotée récemment d'un cadre politique renouvelé pour ses actions extérieures de lutte contre le VIH/sida, et que le programme d'action de l'UE, en cours d'actualisation, servira de feuille de route pour les actions futures à mener.