Bruxelles, 15/02/2005 (Agence Europe) - Lors d'un entretien avec un groupe de journalistes, la socialiste française Pervenche Berès a insisté mardi sur la nécessité que la réforme du Pacte de stabilité et de croissance serve les objectifs de Lisbonne. Une telle réforme n'est utile que si elle permet de « mettre en phase l'instrument de surveillance budgétaire avec la stratégie de Lisbonne », a souligné la présidente de la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires, en ajoutant que « Lisbonne manque d'outils ». Et de préciser que le Pacte, mais aussi la politique de concurrence doivent faire partie de ces outils, car ce n'est pas la méthode ouverte de coordination (lancée à Lisbonne en 2000: NDLR) qui permettra d'avancer vers les objectifs fixés pour 2010.
Evoquant les « risques de dérapages » en cas de mainmise des chefs d'Etat ou de gouvernement sur la version finale du Pacte révisé, Pervenche Berès s'est montrée convaincue de la volonté des ministres des Finances de « boucler entre eux » cette révision avant le Conseil européen de mars. Elle a considéré que Jean-Claude Juncker (qui est à la fois ministres des Finances et chef de gouvernement) « a raison », à ce stade, de bloquer les demandes des Etats membres qui revendiquent l'exclusion de catégories de dépenses du calcul du déficit budgétaire. « Si la France vient avec ses dépenses militaires, l'Allemagne avec sa contribution nette (au budget de l'UE), il n'y a plus de politique budgétaire européenne », s'est-elle exclamée. La principale incertitude, d'après elle, concerne la prise en compte du critère de dette, à propos duquel les positions des Etats membres varient fortement. Sur d'autres éléments de réformes, Mme Berès estime que la pression des pairs et la bonne volonté ne sont pas suffisants, et indique qu'elle n'est « pas opposée au débat sur l'utilisation des recettes en période de 'vaches grasses' ». En revanche, elle se dit « inquiète » face à l'idée de prendre en compte les dépenses des réformes du système de retraites, craignant un risque que « Bruxelles » « empiète dans le débat national sur le choix entre retraites par répartition ou par capitalisation ».
Sur un plan plus général, Mme Berès souhaite que la réforme du Pacte permette de dépasser le cadre actuel du débat économique au sein de l'UE. Le Pacte devra évoluer, en passant d'un simple outil de discipline budgétaire à un véritable élément de coordination budgétaire, et le Parlement européen et les Parlements nationaux devraient s'approprier le débat sur la politique économique qui reste jusqu'ici là confiné au cercle fermé de l'Eurogroupe, estime Mme Berès. Interrogée sur l'opposition initiale de la Banque centrale européenne contre un ajustement du Pacte, Mme Berès a commenté: « la BCE aurait intérêt à accompagner le mouvement ».