Bruxelles, 15/02/2005 (Agence Europe) - Le deuxième rapport annuel sur l'égalité entre les femmes et les hommes, adopté le 14 février par la Commission européenne, est le premier qui couvre l'Union européenne à 25 Etats membres. Il constate que l'égalité entre femmes et hommes dans l'UE est renforcée par la Constitution européenne, qui présente l'égalité comme une valeur à promouvoir non seulement à l'intérieur de l'Union, mais aussi dans les relations avec le reste du monde. Le rapport, adressé au prochain Conseil de printemps, affirme que l'intégration de la dimension du genre contribuera à réaliser les objectifs généraux de la Stratégie de Lisbonne, mais que pour y parvenir il faudra prendre en particulier de nouvelles initiatives pour relever le défi du vieillissement de la population, ce qui signifie notammentqu'il faudra accorder des retraites adéquates aux femmes et aux hommes et mobiliser le plein potentiel de l'emploi féminin, y compris chez les femmes âgées et immigrées.
En ce qui concerne les inégalités entre femmes et hommes, le rapport note en particulier: - en ce qui concerne le taux d'emploi, il y avait en 2003 un écart de 15,8% entre le travail salarié femmes/hommes, (55,1% pour les femmes, ce qui fait dire à la Commission: « il est toujours possible d'atteindre l'objectif intermédiaire de Lisbonne d'un taux d'emploi des femmes de 57% en 2005 »). Pour le chômage, l'écart était en 2004 de 1,7% (chômage de 10% pour les femmes et 8,3% pour les hommes). En 2004, 30,5% des femmes dans l'UE travaillaient à temps partiel, contre 6,6% des hommes ; - l'écart entre salaires, en 2003, était estimé en moyenne à 16% dans l'UE à 15, donc stable, alors que l'estimation pour l'UE à 25 est légèrement inférieure (15%) ; - en moyenne, 23% des parlementaires dans l'UE sont actuellement des femmes (mais avec de grandes différences d'un Etat membre à l'autre), alors que le nombre de femmes à des postes de managers a augmenté en moyenne de 1% depuis 2002, pour atteindre 31% en 2003 (cependant, elles sont l'exception dans les conseils d'administration des cinquante principales sociétés) ; - en matière d'éducation, l'écart entre femmes et hommes entre 20 et 24 dans le secondaire était en 2004 de 5%, en faveur des femmes, alors qu'en 2002 environ 80% des professeurs d'université étaient des hommes, et que, dans 21 Etats membres, davantage de femmes que d'hommes participaient à la formation tout le long de la vie.
Dans ces conditions, la Commission énonce les orientations suivantes: - renforcer la position des femmes sur le marché de l'emploi, ce qui signifie en particulier que les Etats membres doivent s'attaquer à la persistance des écarts de rémunération et la ségrégation sur le marché du travail ; proposer des instruments permettant aux femmes ayant des enfants ou une personne à charge de travailler plein temps si elles le souhaitent, adapter les régimes de retraites et autres prestations sociales, et veiller à ce que les activités financées par les fonds structurels, notamment le Fonds social, visent à lutter contre les stéréotypes sexistes dans l'enseignement et sur le marché du travail: - améliorer les services d'accueil des enfants et des personnes dépendantes ; - cibler les hommes pour atteindre l'égalité hommes/femmes. Là, la Commission souligne le rôle des Etats membres (organisation flexible du travail pour mieux concilier vie professionnelle et privée, systèmes de congé parental partagés), et aussi des partenaires sociaux ; - intégrer la prise en compte du genre dans les politiques d'immigration et d'intégration, notamment en veillant, lors de la transposition de la directive sur le droit au regroupement familial dans les Etats membres, à ne pas entraver l'intégration des immigrées ; - évaluer le progrès en matière d'égalité femmes/hommes, ce qui devra être facilité par la proposition que la Commission devrait faire au printemps prochain sur la création d'un Institut européen du genre.
En conclusion, la Commission invite les Etats membres à poursuivre leurs efforts pour intégrer la dimension du genre dans tous les domaines politiques « en vue de parvenir à l'égalité des sexes ».Ce qui exige en particulier: - une mise en œuvre correcte et rapide de la directive de septembre 2002 sur l'égalité de traitement dans l'accès à l'emploi, la formation et la promotion professionnelle et les conditions de travail (qui doit être transposée en octobre prochain) ; - la coopération avec les partenaires sociaux pour réduire les écarts de rémunération et la ségrégation sur le marché du travail ; - la promotion de l'emploi des immigrées et des garanties de leurs droits fondamentaux ; - un examen des régimes de retraites (le résultat serait présenté en juillet prochain, dans le cadre de la prochaine série de « rapports stratégiques » à ce sujet) ; - une meilleure offre de services d'accueil pour les enfants et les autres personnes dépendantes ; -l'utilisation de « toutes les ressources disponibles via les fonds structurels » pour favoriser l'égalité ; - le développement une série d'indicateurs clé pour évaluer l'état d'avancement de l'égalité femmes /hommes.