Bruxelles, 27/01/2005 (Agence Europe) - Selon des sources diplomatiques au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, qui négocient, au nom de l'Union européenne, avec l'Iran pour obtenir la suspension définitive de son programme d'enrichissement d'uranium, auraient durci leur position envers Téhéran. Selon des rapports confidentiels cités par l'AFP, l'UE, qui exigeait jusqu'à présent de Téhéran une simple suspension de ses activités d'enrichissement, aurait demandé à l'Iran, lors d'une rencontre entre les deux parties du 17 janvier à Genève, le démantèlement de ses installations en tant que « garantie objective » que son « programme nucléaire est pacifique ». Par ailleurs, cité par l'agence Irna, un diplomate iranien auprès de l'AIEA a réfuté les informations de certains médias occidentaux selon lesquelles les négociations étaient dans l'impasse. « Ces affirmations sont infondées. Les deux parties sont parvenues à un accord sur de nombreux points lors de la rencontre du 17 janvier et elles poursuivront leurs négociations dans une atmosphère positive d'ici quelques semaines dans une capitale européenne, probablement à Genève », a-t-il indiqué. Le porte parole du ministère iranien des affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a déploré « la publication de telles informations qui vise à éclipser les négociations constructives et montre le mécontentement de ceux qui sont insatisfaits du processus actuel et tentent d'en empêcher son succès ». « Les négociations sont à un stade préliminaire et nous ne pourrons en évaluer les résultats qu'au terme d'une période de trois mois », a-t-il précisé. Enfin, après les propos du ministre britannique des affaires étrangères Jack Straw, qui a obtenu lors de sa rencontre avec la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice une clarification de la position de Washington et son « soutien à la voie diplomatique sur le dossier iranien » (voir EUROPE du 26 janvier, p. 6), le premier ministre britannique Tony Blair a déclaré devant la chambre des Communes n'être « au courant d'aucun projet militaire américain en Iran ». « Ce à quoi nous travaillons en Europe, de concert avec Washington, c'est de faire respecter les obligations internationales de l'Iran. Nous devons faire tout notre possible pour envoyer le bon signal à l'Iran », a-t-il déclaré.