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Bulletin Quotidien Europe N° 8876
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/proche-orient

Le PE demande une nouvelle initiative d'urgence de l'UE (notamment à l'égard de Washington) pour relancer le processus de paix

Bruxelles, 27/01/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté jeudi une résolution commune proposée par les groupes du PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, GUE/NGL et UEN sur le Moyen-Orient invitant le nouveau Président palestinien, Mahmoud Abbas, et le nouveau gouvernement israélien d'Ariel Sharon à saisir l'occasion offerte par les résultats des élections palestiniennes pour relancer les négociations sur la Feuille de route pour la paix. L'UE est appelée à « lancer une nouvelle initiative d'urgence » dans le cadre du Quartette, et particulièrement à l'égard des Etats-Unis, pour « redoubler d'efforts afin de ramener la paix dans la région ». Le Conseil, le Haut Représentant pour la PESC et la Commission européenne sont invités à poursuivre l'aide à l'Autorité palestinienne et au peuple palestinien et à développer le dialogue avec Israël. Le PE encourage énergiquement le Président Abbas à témoigner de sa volonté de mettre un terme à la violence et salue les mesures déjà prises par M. Abbas et sa volonté de renforcer le contrôle exercé sur les forces de sécurité palestiniennes. Les députés estiment aussi qu'un soutien politique total des Etats-Unis et de l'Union européenne, ainsi qu'une coopération avec les Israéliens sont essentiels pour atteindre ces objectifs. Le conflit israélo-palestinien ne pourra être réglé que par la négociation d'un accord de paix ferme et définitif, comme prévu par la Feuille de route, qui « reste toujours valable, sans conditions préalables, sur la base de l'existence de deux Etats démocratiques, souverains et viables, vivant en paix côte à côte à l'intérieur de frontières sûres et reconnues », affirme la résolution qui condamne aussi toutes les attaques terroristes et tous les actes de violence aveugle perpétré de part et d'autre. Les groupes armés palestiniens sont invités à mettre fin aux attaques terroristes et le gouvernement israélien à éviter les représailles et à mettre fin aux exécutions extrajudiciaires. Le PE appelle aussi Israël à procéder au retrait de Gaza et d'autres parties des territoires occupés « en partenariat et en négociation avec l'Egypte (…) et avec les autorités palestiniennes, sous le contrôle d'une mission d'observation internationale ». Le PE réitère par ailleurs son appel au gouvernement israélien pour qu'il cesse sa politique d'extension des colonies (notamment dans la région de Jérusalem), pour qu'il interrompe la construction du mur de séparation et pour qu'il se mette totalement en conformité avec la 4ème Convention de Genève.

Mercredi en fin d'après-midi, le Haut Représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, avait rendu compte en plénière du déroulement des élections palestiniennes et des impressions personnelles qu'il a pu retirer de sa visite de sept jours dans la région, au moment même du scrutin présidentiel (voir EUROPE du 8 au 15 janvier). Les Palestiniens aspirent à la paix et à la fin de l'occupation, a souligné M. Solana qui, dans un discours très personnel, s'est dit « très choqué » par les mauvaises conditions de vie à Gaza. « Tous les Palestiniens avec qui j'ai pu m'entretenir, parlementaires, universitaires, hommes d'affaires, hommes et femmes de la société civile, ont souligné que le vote pour M. Abbas était surtout un appel à l'espoir. Les Palestiniens veulent un peu d'espoir. A court terme et à long terme ». Il est donc important que, d'ici les élections parlementaires palestiniennes prévues pour la mi-juillet de cette année, M. Abbas puisse montrer « que les choses bougent » dans la vie quotidienne des gens: avec la levée d'un des trop nombreux check-points, avec l'amélioration de la situation financière et sociale des familles, avec un processus contrôlé de libération des prisonniers politiques (ils sont 11.000). Pour cela,
M. Abbas aura besoin d'un soutien de tous les côtés, y compris de l'UE, a dit M. Solana. Israël est prête à faire des gestes, mais veut des garanties de sécurité. « Les nouvelles autorités palestiniennes ont encore beaucoup à faire pour regagner la confiance minimale du côté israélien et pour passer d'une logique de confrontation à une logique de coopération. Mais les premiers signes sont encourageants ». L'UE pourra donner, pour aider à saisir les nouvelles chances de paix, des contributions de plusieurs natures, a expliqué le Haut Représentant: - maintenir des relations de confiance avec les deux côtés pour pouvoir exercer une influence sur leurs choix dans le processus de paix ; - donner tout l'appui nécessaire au rétablissement de la sécurité. L'UE a déjà déployé une petite équipe d'experts sur place pour aider les Etats membres à coordonner leurs aides bilatérales au Palestiniens, mais aussi pour fournir une expertise pour la réforme des services de sécurité palestiniens ; - prendre des mesures pour améliorer la situation économique dans les territoires occupés. « Une conférence des donateurs devrait se tenir rapidement », a estimé M. Solana ; - planifier déjà « l'après retrait de Gaza ». Comment assurer la circulation des biens et des personnes entre la Bande de Gaza, Israël, la Cisjordanie et le reste du monde ? Comment le faire en offrant des garanties de sécurité à Israël ? Comment reprendre les projets du port et de l'aéroport de Gaza ?
M. Solana a posé toutes ces questions et, interrogé sur d'éventuelles malversations financières au sein de l'Autorité palestinienne, il a affirmé avoir une «confiance totale » dans le ministre palestinien des Finances et dans sa capacité de bien gérer les aides européennes.

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