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Bulletin Quotidien Europe N° 8876
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/chypre

Le leader politique des chypriotes turcs, Mehmet Ali Talat, exhorte l'UE a trouver rapidement une solution politique pour mettre un terme à l'isolation du Nord de chypre

Bruxelles, 27/01/2005 (Agence Europe) - Venu défendre à Bruxelles la réunification de Chypre et la fin de l'isolement de la partie nord de l'île, le leader politique de la communauté chypriote turque et président du Parti républicain chypriote turc, Mehmet Ali Talat, a rencontré le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, puis le ministre luxembourgeois délégué aux affaires étrangères, Nicolas Schmit. Les entretiens ont porté sur les initiatives de l'UE en faveur de la réunification de l'île, notamment les deux projets de règlement sur l'aide financière et le commerce qui visent à soutenir le développement économique et social du Nord de Chypre afin de mettre un terme à son isolement.

Au cours d'un briefing politique organisé par the European Policy Center (EPC) fondé Stanley Crossick), M. Talat a dénoncé l'isolement persistant qui frappe durement la communauté chypriote turque, pourtant disposée désormais à négocier la réunification de l'île. Il a notamment exhorté l'Union européenne et l'ensemble de la communauté internationale à « encourager le gouvernement chypriote grec à œuvrer de manière positive et constructive pour trouver une solution » à la division de l'île et « mettre un terme à l'isolement économique de la communauté chypriote turque ». « Nous voulons la réunification de Chypre, nous sommes prêts à discuter mais l'administration chypriote grecque ne le veut pas et reste pourtant le gouvernement légal de Chypre. Ceci ne peut pas continuer », a déploré M. Talat. « Je n'accuse pas la population chypriote grecque mais son gouvernement. Le choix de la communauté chypriote grecque de ne pas nous accepter est démocratique. Mais une communauté ne peut pas éternellement en isoler une autre. Le Secrétaire général des Nations unies (Kofi Annan) lui-même estime que l'isolement persistant de la partie nord de l'île n'est pas logique, car les Chypriotes turques n'ont plus une attitude divisionniste », a-t-il ajouté. « Notre principal but est politique: c'est de partager le pouvoir avec les Chypriotes grecs. Nous voulons rejoindre la République de Chypre et rejoindre l'UE avec les Chypriotes grecs sur une île unifiée. La question du développement économique est secondaire », a poursuivi M. Talat.

Pour M. Talat, le développement économique et social du Nord de Chypre est pourtant étroitement lié à la fin de son isolement, qui serait possible grâce à l'adoption par le Conseil de l'UE des deux projets de règlement de la Commission sur l'aide financière et le commerce. « A la demande du Conseil, la Commission a préparé une résolution pour mettre un terme à l'isolement du Nord de Chypre. Nous avons proposé en juillet dernier deux règlements avec des mesures concrètes qui sont toujours bloqués au Conseil faute de compromis », a regretté Jean-Christophe Filori, membre du cabinet du Commissaire à l'élargissement Olli Rehn. La Commission a, en effet, proposé une aide financière de l'ordre de 259 millions d'euros pour favoriser le développement économique du nord de l'île et des relations commerciales directes qui permettraient au Nord de ne plus être isolé sur le plan des échanges. « Le commerce dans le Nord de l'île s'est élevé à 475 000 euros en 2004, autant dire des « peanuts ». Les Etats membres doivent trouver un accord pour mettre fin à une situation difficilement soutenable », a affirmé M. Filori. Si la première proposition (aide financière) ne s'est pas heurtée à des obstacles au Conseil, la seconde (commerce) est toujours bloquée, en raison des réticences de Chypre et de la Grèce. « La responsabilité du statu quo actuel repose sur l'attitude négative et totalement irresponsable du gouvernement chypriote grec », a déploré, pour sa part, Fraser Cameron, le directeur des études à l'EPC. Les autorités chypriotes grecques s'opposent en effet à l'adoption d'un règlement qui, pour elles, équivaudrait à une reconnaissance politique du Nord de l'île. M. Cameron a, par ailleurs, accusé l'UE de réagir trop « mollement ». « Certains Etats membres trouvent un intérêt à ne pas faire tout leur possible pour parvenir à un accord au Conseil, notamment à cause de la question turque. Ceci est regrettable », a-t-il déclaré.

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