Bruxelles, 21/01/2005 (Agence Europe) - Le Comité de gestion des céréales de l'UE a décidé jeudi d'ouvrir une adjudication pour l'octroi de restitutions à l'exportation de 2 millions de tonnes de blé au départ du marché libre (donc pas à partir des stocks d'intervention). Cette mesure de gestion du marché des céréales devrait entrer en vigueur à la fin du mois de janvier, après sa publication au Journal Officiel. Une première adjudication est prévue début février. Il s'agit d'un revirement espéré de longue date par le négoce qui doit faire face à une rude concurrence des pays tiers et à un dollar faible. L'UE n'avait pas pris une telle décision pour le blé depuis juin 2003, alors que la Commission avait pris en octobre dernier une décision similaire au profit des exportations d'orge. Mais elle avait refusé jusqu'à présent d'étendre cette mesure de gestion au blé, en dépit des fortes pressions exercées par plusieurs Etats membres, dont la France (surtout), ou encore l'Autriche et la Pologne.
La Commission explique que cette mesure permettra aux exportateurs européens d'être présents sur le marché dans les exceptionnelles circonstances actuelles: récolte européenne de blé très importante en 2004 (125 millions de tonnes, contre 98 millions de tonnes en 2003), difficultés croissantes pour les exportateurs de concurrencer le marché mondial (à cause de la faiblesse du dollar par rapport à l'euro). Sans cette mesure, les stocks d'intervention auraient rapidement augmenté. Comme la Communauté est obligée de racheter les volumes de céréales qui sont offerts à l'intervention, les coûts pour le budget communautaire auraient explosé, « surtout parce qu'on aurait pas pu se débarrasser de ces stocks dans un avenir proche » (or, les frais de stockage sont très lourds), a expliqué le porte-parole de la Commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischler Boel. La Commission estime que l'octroi de restitutions pour le blé n'affecte en aucun cas les engagements de l'UE à l'OMC de démanteler les restitutions à l'exportation, à condition, bien entendu, que les partenaires commerciaux en fassent de même.
Certains opérateurs ont souligné que l'efficacité de la mesure dépendrait du montant de la subvention susceptible d'être accordée par la Commission et de l'importance de la demande restant à couvrir d'ici l'arrivée de la nouvelle récolte. « A qui et à combien? », s'est demandé l'un d'eux cité, par Reuter, en rappelant la féroce concurrence argentine qui devra, selon lui, servir de base au calcul des restitutions.