Bruxelles, 21/01/2005 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture et de la Pêche des Etats membres de l'UE se réunissent lundi prochain à Bruxelles, pour évoquer les conséquences du projet de réforme du secteur du sucre pour les pays fournisseurs d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et pour les pays les moins avancés (PMA). Ils prendront note du programme très chargé de la Présidence luxembourgeoise de l'UE (voir pages 12 et 13) et feront le point sur les mesures envisageables pour aider le secteur de la pêche et de l'aquaculture en Asie détruit après le raz-de-marée du 26 décembre dernier.
Sucre: les ministres européens de l'Agriculture rencontreront, dans l'après-midi, les ministres ou représentants des pays ACP signataires du Protocole sucre de l'accord de partenariat avec l'UE et ceux des PMA bénéficiaires de l'initiative communautaire « Tout sauf les armes». Cet échange de vues, auquel participeront les Commissaires compétents (Mariann Fischer Boel, chargée de l'Agriculture, Louis Michel, responsable du Développement et Peter Mandelson, Commissaire au Commerce). Cette réunion devrait permettre à l'UE de se faire une idée plus précise des inquiétudes que soulève le projet de réforme du sucre dans les pays qui bénéficient d'un régime préférentiel pour leurs exportations sur le marché communautaire. Un document de travail de la Commission européenne, daté du 17 janvier, envisage un « plan d'action » pour les pays producteurs ACP affectés par la réforme du sucre.
Lors de la présentation, mercredi, des priorités de la Présidence devant les députés européens, le ministre luxembourgeois de l'Agriculture, Fernand Boden, avait reconnu que si les propositions actuelles de la Commission européenne étaient adoptées, certaines productions de sucre devraient s'arrêter dans certains Etats membres de l'UE, mais aussi dans certains pays ACP. Selon M. Boden, la Commission a « promis » de faire un « programme d'accompagnement » pour les pays ACP destiné à: - renforcer la compétitivité de la production sucrière « là où c'est possible » ; - aider les producteurs de sucre de ces pays à changer de production ; - inciter les producteurs des pays ACP à ne pas exporter seulement des produits bruts, mais aussi des produits transformés à base de sucre (qui ont plus de valeur ajoutée que le sucre).
S'agissant des PMA, M. Boden a indiqué que certains de ces pays souhaiteraient non pas un accès à droit nul dans l'UE (comme le prévoit, à compter de 2009, l'initiative « Tout sauf les armes »), mais plutôt la mise en place de contingents, « avec de meilleurs prix » (que le prix communautaire, qui risque de baisser après la réforme). L'idée serait de fixer des quotas d'importation pour ces pays, avec des prix garantis, un peu comme ce que compte faire l'UE avec les pays des Balkans occidentaux. A ce titre, contrairement à ce qui était prévu initialement, le Conseil ne débattra pas de la proposition visant à remplacer par un système de contingents tarifaires l'accès libre dans l'UE dont bénéficient les pays des Balkans occidentaux pour leur sucre. Ce dossier doit encore être examiné au niveau des experts.
Aide à la pêche en Asie après le raz-de-marée: en plus de l'aide d'urgence humanitaire fournie par l'Union européenne pour venir en aide aux communautés sinistrées, la Commission étudie une série d'actions possibles pour contribuer à la reconstruction du secteur de la pêche et de l'aquaculture dans ces pays d'Asie. Si les Etats membres l'acceptent, la Commission pourrait présenter prochainement une proposition permettant le transfert de navires communautaires (voués à la destruction) vers les zones côtières sinistrées de l'Océan Indien. Selon les règles actuelles de l'Instrument financier d'orientation de la pêche (Ifop), les aides à l'exportation de navires dans les pays tiers ne sont plus autorisées depuis la fin de l'année 2004. L'objectif de la Commission serait donc de lever « temporairement et exceptionnellement les obstacles juridiques » qui interdisent le transfert de navires communautaires vers des pays tiers. Parallèlement, le Commissaire à la Pêche, Joe Borg, a demandé à l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations unies (FAO) d'évaluer les besoins en matière de flottes et d'équipements des communautés concernées. L'autre mesure envisagée concerne la mise à disposition rapide d'expertise et d'assistance technique (production, transformation et commercialisation des produits de la pêche).
Autres sujets: l'Autriche souhaite aborder, avec le soutien d'autres pays (France, Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), la question de l'équilibre du marché des céréales (restitutions à l'exportation et mise à l'intervention, voir autre nouvelle). La Pologne soulèvera le problème des certificats vétérinaires pour les échanges avec la Russie. La Lettonie demandera de pouvoir verser des aides en faveur de ses agriculteurs frappés par une terrible tempête dans la nuit du 8 au 9 janvier dernier.