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Bulletin Quotidien Europe N° 8840
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La BCE conserve ses taux d'intérêt inchangés et réduit ses prévisions de croissance pour 2004 et 2005

Bruxelles, 02/12/2004 (Agence Europe) - Pour le dix-huitième mois consécutif, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux d'intérêt inchangés. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations de refinancement reste à 2% et ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt à respectivement, 3% et 1%. "A l'heure actuelle, les taux sont bien où ils se trouvent, mais la vigilance est essentielle", a lancé le Président de la BCE Jean-Claude Trichet dans sa conférence de presse, en justifiant le statu quo par le besoin "d'apparaître comme un point d'ancrage, dans un environnement en pleine évolution". M. Trichet s'est, en revanche, abstenu de préciser quelles avaient été les positions au sein du Conseil des gouverneurs et a indiqué: "je ne ferai pas un décompte, chacun admettant qu'il y avait du pour et du contre, mais le résultat (…) a été un large consensus".

Avec une croissance plus modérée dans cette seconde moitié de l'année, les projections des services de la BCE évaluent la croissance moyenne dans la zone euro entre 1,6% et 2% en 2004, entre 1,4% et 2,4% en 2005 et entre 1,7% et 2,7% en 2006. Il y a trois mois, on attendait une croissance légèrement supérieure pour cette année, et la baisse est encore plus marquée pour l'année prochaine. En septembre, les prévisions du staff de la BCE faisaient état d'une marge de croissance allant de 1,8% à 2,8%. L'inflation persistera au-delà de 2% dans les prochains mois et des hausses temporaires ne sont pas exclues, a reconnu le Président Trichet, qui maintient le cap et anticipe un retour sous les 2% au courant 2005. "Les perspectives de l'inflation à court terme restent inquiétantes, mais notre évaluation de la hausse des prix à moyen terme demeure inchangée", a-t-il déclaré. S'il admet les effets à la hausse de facteurs persistants comme le prix du pétrole, il souligne "l'absence d'indications significatives de pressions inflationnistes sous-jacentes" sur le plan intérieur. Les fourchettes de prévisions de l'inflation sont en hausse par rapport aux dernières prévisions et s'établissent entre 2,1% et 2,3% en 2004 (identique à la marge prévue en septembre), entre 1,5% et 2,5% en 2005 (contre 1,3% à 2,3% il y a 3 mois) et entre 1% et 2,2% en 2006.

Très attendu sur une éventuelle intervention conjointe de l'Europe et du Japon sur le marché des changes afin de contrecarrer la baisse du dollar, M.Trichet a été assailli de questions. Alors que, sur la base des indications d'un membre du ministère des Finances japonais, le Financial Times de jeudi évoquait des discussions entre Européens et Japonais dans ce sens, M.Trichet a tout simplement refusé de commenter cette éventualité. Il espère, en revanche, poursuivre une "relation de confiance" sur le plan de la coopération transatlantique. En même temps, il a prôné "la discipline verbale" et a souligné que les autorités américaines avaient déjà indiqué leurs intentions concernant leur monnaie et l'insuffisance de leur épargne. Il s'est donc contenté de confirmer "ce que vous savez déjà: les mouvements récents ne sont pas une chose dont nous nous félicitons, ils ne sont pas souhaitables".

Enfin, suite au rapport de la Commission sur les statistiques budgétaires grecques et la procédure d'infraction lancée contre le pays (voir p.10), le Président de la BCE a rappelé que la position de la Banque était conforme au sentiment exprimé par l'Ecofin. Il faut une institution indépendante sur laquelle se fonder "pour vérifier les chiffres sur dossier et sur place", a-t-il insisté, sans préciser ses attentes quant aux futures propositions de la Commission.

Pour le Vice-Président de la BCE, Lucas Papademos, le rapport de la Commission "se passe de commentaire", et l'expérience passée "doit nous servir de leçon, pour que les problèmes ne se reproduisent plus". M.Trichet a ajouté que la Banque centrale grecque n'était pas à mettre en cause. Selon lui, elle a fait tout ce qu'elle pouvait en publiant des chiffres selon deux méthodes de calcul différentes, n'ayant "pas les moyens de décider" elle-même quelle était la bonne.

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