Bruxelles, 02/12/2004 (Agence Europe) - La représentation du Land de Baden-Württemberg à Bruxelles accueillait, mardi 30 novembre, le « COSTday », un événement d'une journée destiné à mieux faire connaître la COST (Coopération scientifique et technologique), cette organisation paneuropéenne qui favorise depuis 30 ans le développement de réseaux entre chercheurs. Pendant toute une journée, des chercheurs sont ainsi venus présenter leurs travaux, à l'instar du professeur Thomas Herdegen de l'université de Kiel en Allemagne, qui a évoqué les nouvelles voies thérapeutiques envisagées pour « réparer » les neurotransmetteurs dont les dysfonctionnements sont à l'origine de diverses pathologies comme la maladie de Parkinson.
La « chimie verte » était le sujet de l'intervention du professeur Martyn Poliakoff de l'Université de Nottingham au Royaume-Uni qui, comme l'a fait remarquer le président de la COST Francesco Fedi, a su démontrer que « la science n'est pas ennuyeuse ».
L'ancien Commissaire européen à la Recherche Philippe Busquin, maintenant député européen, a profité de cette journée pour souligner la nécessité que la communauté scientifique fasse entendre sa voix dans le monde politique et il a promis aux chercheurs d'être leur porte-parole au Parlement européen. Il faut « lever les barrières entre les institutions », entre la Commission et des organisations comme COST, la Fondation européenne des Sciences ou EUREKA, a expliqué Philippe Busquin tout en plaidant pour la consolidation de l'Espace européen de la recherche. Dans cette perspective, il a notamment appelé à « mélanger les approches bottom up et top down » et à instaurer le Conseil européen de la recherche, « pour donner de la visibilité à l'excellence »: « dans tous les pays, dans tous les laboratoires, il y a toujours une référence américaine (…), jamais européenne (…), les chercheurs français ne vont pas en Suède et les chercheurs suédois ne vont pas en Italie, sauf pour les vacances », a noté M. Busquin en déplorant le manque d'attractivité intra-européenne. Outre le lien entre les universités et les industries ainsi que les plates-formes technologiques qui doivent devenir « un des piliers du prochain programme-cadre », M. Busquin est revenu sur la nécessité de valoriser la recherche et la fonction de chercheurs (parce que « ce sont des hommes et des femmes qui font la recherche ») et sur l'importance qui doit être accordée aux infrastructures de taille européenne. Et de conclure: « L'Europe est vieillissante, l'Europe n'a pas de richesses naturelles. L'Europe n'a que son intelligence à vendre. Elle doit la développer ».