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Bulletin Quotidien Europe N° 8699
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/cese

Le Comité regrette le manque de progrès et d'engagement politique en faveur d'une stratégie de développement durable de l'UE

Bruxelles, 04/05/2004 (Agence Europe) - Le Comité économique et social européen (CESE) a adopté, à une large majorité lors de sa session plénière le 28 avril à Bruxelles, un avis exploratoire, demandé en novembre dernier par la vice-présidente de la Commission européenne Loyola de Palacio, sur la stratégie de l'UE en faveur du développement durable (voir entre autres EUROPE du 4 mars p.17). Intitulé "Evaluation de la stratégie de l'UE en faveur du développement durable", cet avis a été rédigé par l'Allemand Lutz Ribbe (directeur à la Fondation du patrimoine naturel européen Euronatur) et le syndicaliste suédois Ernst Erik Ehnmark.

Dans cet avis, le Comité regrette le manque de progrès et d'engagement politique en faveur d'une stratégie de développement durable de l'UE. Il constate que les opinions divergent fortement sur ce qu'est véritablement le développement durable, sur l'impact qu'il pourrait avoir ou sur les conséquences d'un éventuel échec de la mise en oeuvre d'une politique de développement durable par l'UE ainsi que sur les mesures à prendre plus spécifiquement et par qui pour adapter les modèles actuels de production et de consommation. Le Comité note encore que l'une des missions de la stratégie de développement durable de l'UE doit être de garantir que les citoyens, les entreprises et la société européenne dans son ensemble soient parfaitement conscients des bénéfices qu'ils pourront retirer du développement durable. Il affirme également que la stratégie révisée devra tenir pleinement compte de l'élargissement et que les stratégies européennes et nationales doivent être étroitement imbriquées. Le Comité insiste également sur le fait que la révision de la stratégie de développement durable nécessitera de revoir les critères actuels d'évaluation de la croissance et de la productivité. Enfin, le CESE invite instamment les institutions européennes et les Etats membres à s'assurer que l'engagement de l'UE en faveur du développement durable sous-tende et complète toutes les politiques européennes, et notamment les prochaines révisions de la stratégie de Lisbonne et les perspectives financières de l'UE pour la période de 2007 à 2013.

En présentant son avis à la presse, Lutz Ribbe a donné une définition claire du concept de développement durable qui fait l'objet de différentes interprétations, à savoir que "le développement durable implique la transformation de l'économie de marché, la mise en place d'un lien encore plus étroit entre l'environnement, le travail et la compétitivité d'une part et les questions ayant trait à l'équité entre les générations et à la justice de répartition d'autre part". Il a également estimé important de préciser dans quels secteurs une croissance ultérieure est plutôt indésirable et contre-productive. Ainsi par exemple, a expliqué M.Ribbe, en Allemagne, 40 milliards d'euros sont consacrés chaque année à des dépenses de santé (en réalité, il s'agit de fonds consacrés aux frais médicaux, a précisé le rapporteur) qui doivent être consenties parce que les citoyens ont une mauvaise alimentation ("ils boivent trop de bières et mangent trop gras", a noté M.Ribbe) ou se dépensent trop peu. Il s'ensuit que chaque citoyen allemand fournit au PIB, "simplement par des habitudes nocives pour sa santé", une contribution moyenne plus élevée que chaque habitant de l'Inde pour l'ensemble de ses activités économiques (environ 470 euros/an). Dans ce secteur donc, même si elle est source d'emplois, la croissance n'est pas souhaitable du point de vue de la durabilité, laquelle peut être, dans ce cas, un facteur qui limite en partie la croissance économique", a conclu M.Ribbe.

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