Bruxelles, 19/12/2003 (Agence Europe) - Le Commissaire Philippe Busquin est à Washington ce samedi 20 décembre pour négocier au niveau ministériel avec les participants au projet ITER le choix du site qui accueillera le futur réacteur expérimental international de fusion thermonucléaire. Un projet pour lequel le Commissaire avait voulu une candidature européenne unique et qui lui tient particulièrement à coeur en tant que physicien nucléaire. Philippe Busquin est porteur des espoirs de la France, candidate pour accueillir le réacteur sur le site de Cadarache, mais aussi de l'ensemble de l'Union européenne qui a réussi à serrer les rangs pour soutenir une candidature unique, tant ce projet d'une durée de 30 ans et d'un coût minimum de 10 milliards de dollars est important pour la recherche européenne et par les retombées économiques qu'il entraînera. Les Japonais, qui défendent la candidature du site de Rokkasho, en ont mesuré toute l'ampleur et ont même proposé de prendre en charge près de 50% du budget initial du projet, bien plus que les 25% envisagés jusqu'à présent par l'Union européenne. Mais dans cette négociation, tout va peser, même l'isolement du site japonais, à 700 km de Tokyo. Le Japon pourrait compter sur le soutien des Etats-Unis et de la Corée du sud alors que la candidature européenne recevrait l'appui de la Russie et de la Chine. Les deux sites semblent donc partir avec des chances presque égales vers la décision finale qui sera prise par consensus. La participation financière du pays hôte et les qualités du site seront examinées dans le cadre plus global des différents apports, y compris notamment en termes scientifiques, de développement de matériaux et d'accès aux données, rappelait avant son départ le Commissaire Busquin, en soulignant « l'acquis scientifique de l'Europe en matière de fusion » et la nécessité de trouver une formule qui respecte un certain équilibre entre les différents partenaires au projet.