Bruxelles, 10/12/2003 (Agence Europe) - Les délégués de 180 pays réunis à Milan à l'occasion de la 9ème Conférence des Parties à la Convention sur les changements climatiques pour définir les règles d'application du protocole de Kyoto ont réussi à se mettre d'accord sur le rôle des arbres génétiquement modifiés dans le stockage des gaz à effet de serre. Ces arbres ont la propriété de stocker ces gaz lors de leur croissance et de retarder ainsi le rejet dans l'atmosphère, formant des "puits de carbone" naturels. Les tractations portaient sur les règles de comptabilité de ce stockage dans les projets d'investissements forestiers des pays du Nord dans les pays du Sud, selon un mécanisme du protocole qui autorise les pays industriels à faire des investissements "propres" au Sud et à comptabiliser à leur profit les émissions de gaz à effet de serre qui n'auront pas été rejetées dans l'atmosphère ("Mécanisme de développement propre"). Il s'agissait "de la dernière pièce de l'énorme puzzle de Kyoto", s'est félicitée Thelma Krug, présidente de la commission chargée de ce dossier. Cet accord, qui devait être avalisé dans la soirée de mardi, faisait en effet partie des ultimes règles d'application du protocole de Kyoto qui impose des réductions de gaz à effet de serre aux pays industriels à l'horizon 2008-2012. Les pays européens, qui s'opposaient au recours à des organismes génétiquement modifiés (OGM), ont finalement accepté un compromis qui laisse à chaque Etat le libre choix d'évaluer lui-même les risques. L'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto est désormais suspendue à la décision de Moscou de le ratifier, après le refus des Etats-Unis d'y participer. Les mouvements de défense de l'environnement, tels que Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature (WWF) se montrent pour leur part très réservés par rapport à l'accord obtenu.