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Bulletin Quotidien Europe N° 8598
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M. Pisanu insiste sur l'idée de quotas pour l'immigration légale et invite au dialogue avec les musulmans modérés

Bruxelles, 03/12/2003 (Agence Europe) - "Après les attaques à Casablanca et à Istanbul, le terrorisme islamiste frappe aux portes de notre continent", a averti le ministre italien de l'Intérieur, Giuseppe Pisanu, avant d'insister sur l'importance de dialoguer avec la grande majorité de musulmans modérés installés dans l'UE. Les institutions publiques "ne doivent en aucune manière entrer dans le dialogue religieux, mais doivent œuvrer pour que les croyants se parlent", a-t-il déclaré mardi à la commission des libertés publiques du Parlement européen. "Sur 17 millions de musulmans présents en Europe, seuls 5% fréquentent les mosquées et sont donc exposés à des prédications extrémistes. Mais si personne ne parle aux 95% restants, ils peuvent aussi devenir la proie des prédicateurs extrémistes", a déclaré M.Pisanu. Il a ensuite précisé son propos, qui aurait pu laisser entendre que tous les religieux sont extrémistes, en soulignant que si "le risque des mosquées existe (...) il ne faut pas faire passer pour terroristes tous ceux qui fréquentent les mosquées".

Venu faire le bilan de sa présidence du volet intérieur du Conseil JAI au cours de ce semestre, le ministre italien a insisté sur sa proposition de quotas européens pour l'immigration légale, jugeant qu'il s'agit de la meilleure réponse pour convaincre les Etats tiers de coopérer contre l'immigration illégale. Si il "s'incline" devant le rejet de cette proposition par le Conseil européen en octobre dernier, il "maintient" sa proposition. "Je suis persuadé que l'avenir va obliger le Conseil européen à revenir sur cette question", a-t-il déclaré. M.Pisanu met en avant l'expérience des quotas accordés par l'Italie à l'Albanie, qui auraient permis de "réduire à zéro" l'immigration illégale. Le Conseil Justice et affaires intérieures avait donné en septembre son feu vert à une étude sur l'opportunité de rassembler à l'échelle européenne des quotas décidés par chaque Etat membre, afin de disposer d'une contrepartie pour obtenir la coopération des pays tiers. La Commission européenne soutenait cette idée, mais la plupart des Etats membres insistaient sur le fait que lancer une étude n'engageait à rien. Au Conseil européen des 16 et 17 octobre, plusieurs Etats membres, emmenés par la France et l'Allemagne, avaient rejeté l'idée de quotas européens (voir EUROPE du 18 octobre, p. 10). M. Pisanu a souligné la situation tragique de ceux qui se noient en mer en traversant la Méditerranée pour atteindre l'Europe.

Les députés européens ont avant tout interrogé le ministre italien sur l'échec des travaux sur les procédures d'asile et sur la protection des données personnelles. M.Pisanu a déclaré qu'il n'avait pas voulu aller plus loin car sur les procédures d'asile, sinon les demandes des différents Etats membres auraient "trop réduit le seuil de protection". C'est "un prix qui ne devait pas être payé". Le ministre italien a reconnu "que la plus grande partie des mesures (adoptées au Conseil) ont pour but d'enrayer l'immigration clandestine , pour nous défendre de l'immigration".

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