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Bulletin Quotidien Europe N° 8598
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/euromed

La conférence de Naples entérine la création de la Fondation culturelle et de l'Assemblée parlementaire, ainsi que l'option de ne pas créer une banque EuroMed filiale de la BEI

Naples, 03/12/2003 (Agence Europe) - Au cours de la conférence ministérielle, les pays membres du processus de Barcelone (l'UE à 25 et les pays riverains non membres de l'UE), réunis les 2 et 3 décembre à Naples, ont réaffirmé leur foi dans le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, tout en estimant que “l'ambition qui a toujours guidé ce processus ne saurait être plus adaptée au contexte actuel” (élargissement, instabilité politique dans la région, etc.). Ces évolutions ont “suscité une plus grande demande d'Europe sur les bords méridional et oriental de la Méditerranée”. Cependant, les résultats ne font de la réunion de Naples qu'une session d'étape sans d'autres décisions que la formalisation de l'accord créant la Fondation culturelle et celui, communiqué par M. Pat Cox, de la transformation, au début 2004, du Forum parlementaire en Assemblée paritaire EuroMed (voir p. 15). La conférence ministérielle a par ailleurs pris acte du choix du récent Conseil Ecofin de renforcer la facilité financière FEMIP plutôt que de la transformer en filiale de la BEI, première étape avant la fondation d'une Banque EuroMed. Les Quinze étaient pratiquement tous là, mais du côté des partenaires, les ministres de Syrie, Algérie, Maroc et Tunisie n'ont pas participé. Le Palestinien Nabil Shâat et son homologue israélien Sylvain Shalom étaient cependant présents. La Libye, pays observateur, avait délégué son ambassadeur à Rome.

Au dîner et lors des traditionnelles rencontres de la Troïka avec Israël, d'une part, et les pays arabes de l'autre, il y a eu des échanges de vues « francs » sur le Moyen-Orient, l'Irak et la situation internationale en général. Quant au volet politique lié directement au processus de Barcelone, les dossiers les plus significatifs restent dans les tiroirs en attendant de meilleures opportunités. Seuls subsistent Euromesco, réseau des instituts d'études politiques de l'UE et des pays de la Méditerranée créé dans le cadre EuroMed, pour fournir des analyses régulières aux pays participants, et des échanges de vues sur l'établissement de mesures de confiance. Celles-ci sont désormais basées sur de nouvelles orientations - ouverture d'un dialogue en lien avec la PESD et en référence aux acquis des dialogues en cours dans d'autres enceintes (EUROPE du 2 décembre) portant en priorité sur la lutte contre le terrorisme. L'approche se veut désormais « globale » et, dans cette voie, l'accent est désormais mis sur la dimension de la bonne gouvernance: « coopérer à l'amélioration du respect des droits de l'homme et de la démocratie est indispensable au succès du partenariat », ont souligné les Quinze. Des « plans d'action conjoints » déterminés avec chacun des pays fixeront les modalités d'une « mise en œuvre efficace des engagements internationaux pris par les pays concernés », et l'octroi de Fonds MEDA devra « tenir compte de la volonté de mettre en œuvre de tels plans ».

Dans le volet économique, le constat est celui d'une progression continue dans la mise en œuvre des objectifs qui sont en fait plus liés à l'application des accords bilatéraux d'association. Il s'y ajoute la réaffirmation de la volonté d'encourager et soutenir les processus d'intégration régionale, en premier l'accord d'Agadir. Cet accord est en passe d'être signé dans des délais proches, assurent les quatre pays concernés - Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie - qui se sont entendus sur les listes de produits à libéraliser entre eux au titre de ce processus « Sud-Sud » auquel l'UE compte apporter son soutien direct. Des fonds sont déjà disponibles et seront libérés dès la mise en œuvre effective, a rappelé la Commission. Le Liban, et plus tard la Syrie qui est en train de finaliser ses négociations avec la Commission (une session de négociation aura lieu le 8 décembre à Damas) seraient prêts à se joindre aux quatre pays initiateurs, mais l'Algérie privilégie la configuration maghrébine que représente l'UMA (Union du Maghreb Arabe).

Dans ce même volet, les ministres ont pris note des acquis réalisés dans les différentes coopérations sectorielles - énergie, industrie, recherche et développement, agriculture récemment - et abordé en particulier la question du soutien aux investissements et l'impulsion à donner au secteur privé sur la rive Sud. Mais l'idée de la Présidence italienne, soutenue par le Président Prodi, de créer une banque n'est même plus citée: « personne n'en veut », affirme un fonctionnaire communautaire se référant aux récentes décisions du Conseil Ecofin du 25 novembre, sur la base d'études avantages/inconvénients réalisées par la BEI. Les consultations entre les Quinze et les pays partenaires ont révélé que peu de pays souhaitent, du moins pour l'instant, aller loin dans cette voie. Seules l'Espagne et la Grèce ont dit 'oui'. La France était réservée sans être réellement opposée. Du côté de la rive sud, seules la Tunisie, l'Algérie et l'Egypte ont souhaité la création de la banque-filiale proposée. La question sera reposée en 2006 ; en attendant, des mesures de renforcement de la FEMIP ont été prises, élargissant ses moyens de garantie des prêts aux pays partenaires.

Dans le troisième volet, partenariat social, culturel et humain, la décision - et c'est le principal acquis de cette session, est la création d'une Fondation euroméditerranéenne, en fait un « réseau de réseaux doté d'une structure administrative légère ». La question migratoire a été évoquée: il a été surtout question de la coopération judiciaire, policière et administrative, pour en faire plutôt qu'un sujet de préoccupation, un « facteur positif pour la croissance économique dans l'ensemble de la région ». Il a été également question du rôle des femmes, de la société civile et de l'éducation.

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