login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8547
Sommaire Publication complète Par article 35 / 48
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/comite des regions

Les collectivités locales doivent être davantage impliquées dans la définition d'une politique de l'immigration et de l'asile

Copanello, 22/09/2003 (Agence Europe) - En consacrant une partie de ses travaux à la politique européenne d'immigration, le bureau du Comité des Régions, qui était réuni en Calabre, a entendu, vendredi dernier, sonner une tirette d'alarme. « Les collectivités locales et régionales doivent être associées, à part entière, à la définition, à l'exécution et au suivi de la politique commune en matière de retour » et plus généralement, affirme-t-il dans un de ses avis, « elles devraient être invitées à contribuer à l'élaboration de plans d'action nationaux » sur la politique d'immigration et l'asile.

Le Comité souligne que « les communes et les régions sont confrontées concrètement à l'accueil des demandeurs d'asile et des réfugiés et doivent offrir des services à ces personnes, et qu'elles fournissent à cette fin des efforts particuliers avec des moyens limités ». Sur ce point, Michel Delebarre, maire de Dunkerque (PS) a témoigné de son expérience: accueillant des réfugiés du monde entier qui souhaitaient passer de France en Angleterre, « le camp de Sangate (près de Calais dans le nord de la France) a fermé depuis quelques mois par décision du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Je pense qu'il fallait le fermer. Car les conditions de vie étaient déplorables. Prévu pour 600 personnes, ce centre en accueillait près de 2000, dont des jeunes de quinze ans». Mais cette fermeture n'a rien résolu. « Il y a bien eu un effet psychologique sur quelques réseaux. Et la coopération policière franco-britannique s'est améliorée. Mais la source ne s'est pas tarie. Les gens viennent toujours. Et ce sont nos territoires qui les supportent. On oublie que l'immigration, ce ne sont pas seulement des flux, une comptabilité, mais aussi des êtres humains qui doivent, au sens de la charte européenne des Droits de l'homme, être accueillis. Pour que l'Europe donne des moyens aux collectivités locales qui supportent l'immigration sur leur territoire. Il faut aussi renforcer les pays d'origine et les aider à se développer », a-t-il expliqué.

« On ne peut empêcher la migration des gens les plus pauvres vers les pays les plus riches. C'est normal. La mission d'un gouvernement est de gérer cela. Avec l'objectif final qu'il faut une libre circulation de tous et une bonne intégration dans tous les pays du monde », a souligné le sous-secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Antonio D'Ali. Répétant que l'Italie entendait « faire évoluer la politique d'immigration », il a ajouté que « la politique et les objectifs ont déjà été identifiés pendant la Présidence grecque. Elles constitueront ensuite le patrimoine de la politique européenne ». Giuseppe Chiaravallotti, président de la région Calabre (Pôle des libertés), a souligné que « l'émigration est positive non seulement pour ceux qui partent mais aussi pour les pays qui accueillent » et il a ajouté que « sans immigration, la population de l'Italie descendrait à 41 millions en 2050 - et pour notre système social - généralement ce sont les immigrés qui s'occupent des enfants et des personnes âgées. »

M. D'Ali a estimé que « les 140 millions établis dans le budget (pour la politique de contrôle aux frontières) sont insuffisants ». A partir de 2006, il faut donner plus d'argent à cette politique », a-t-il dit en réaffirmant l'espoir de la Présidence « d'obtenir au quatrième trimestre un accord politique sur les directives « asile » et « libre circulation des non communautaires ». Une dernière proposition sur laquelle le Comité des régions se montre cependant mitigé. Il faut « évaluer soigneusement l'impact, en termes économiques, d'une politique d'immigration ouverte aux travailleurs de pays tiers sur les niveaux local, régional et national », affirme le Comité qui estime que « la réglementation communautaire doit être complétée par des actions visant l'intégration sociale des immigrants au moyen du développement de programmes spécifiques spécialement destinés aux régions et municipalités ».

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE