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Bulletin Quotidien Europe N° 8547
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pesd/irak

Jacques Chirac, Gerhard Schroeder et Tony Blair se mettent d'accord sur la défense européenne, la CIG et le Pacte de stabilité mais achoppent, une fois de plus, sur le dossier irakien

Bruxelles 22/09/2003 (Agence Europe) - Le Sommet informel de Berlin, qui a réuni samedi Jacques Chirac, le président français, Gerhard Schroeder, le chancelier allemand et Tony Blair, le Premier ministre britannique, a été l'occasion pour les trois hommes de faire preuve d'une belle entente sur plusieurs dossiers brûlants de l'actualité européenne: la défense, la Conférence intergouvernementale (CIG) et le Pacte de stabilité. Par contre, ils n'ont pas été capables de masquer leurs divergences de vues sur le dossier irakien et en particulier sur le calendrier pour la passation du pouvoir aux Irakiens.

Pour le chancelier allemand, il y a "indubitablement eu des progrès" sur l'Irak. Les trois dirigeants sont effectivement tombés d'accord sur la nécessité de "donner à l'Irak une perspective de démocratie et de stabilité" et d'assurer qu'"un rôle significatif incombe à l'ONU" dans le "transfert le plus rapide possible de la souveraineté aux Irakiens", comme l'a expliqué M. Schroeder. Néanmoins, "sur les aspects techniques et le calendrier, nous ne sommes pas tout à fait d'accord", a déclaré M. Chirac cité par Reuters en répétant une nouvelle fois que ce transfert de pouvoir devait être une question de "mois" (la France et l'Allemagne sont pour un transfert rapide du pouvoir au peuple irakien et de ce fait, à l'inverse du Royaume-Uni, ils estiment que le projet de résolution des Etats-Unis est insuffisant sur ce point: NdlR). Le chancelier allemand et le Premier ministre britannique comptent sur les discussions sur le dossier irakien, qui auront lieu à l'assemblée générale des Nations unies cette semaine à New York, pour arriver à une solution. Soucieux de minimiser leurs oppositions, M. Blair a estimé à l'issue du Sommet que leurs divergences d'opinions sur ces points "peuvent être résolues et je suis sûr qu'elles le seront".

Après avoir longtemps freiné des quatre fers en matière de défense européenne, Tony Blair a fait une concession surprenante en la matière lors du Sommet. Selon plusieurs médias, se référant à un "document interne" (aucun document officiel n'a été publié au terme du Sommet), les trois hommes se seraient en effet dits "convaincus ensemble de la nécessité pour l'Union européenne de pouvoir planifier et conduire des opérations (militaires) sans le soutien de l'OTAN" et auraient l'intention de mettre en oeuvre ce projet "que ce soit pas consensus entre les 25 (futurs) Etats membres de l'Union européenne ou au sein d'un groupe de partenaires intéressés". Une nouveauté pour le Royaume-Uni qui, jusqu'à présent, rejetait toute idée de "coopération renforcée" et s'opposait à la mise en place une cellule de planification des opérations militaires de l'UE sans l'OTAN. Cependant, cet accord sur le principe d'une cellule de planification des opérations de l'UE sans l'OTAN, que M. Blair considérerait à présent comme une "nécessité", ne préjuge pas d'un accord sur les modalités de sa mise oeuvre. Alors que M. Blair veut toujours la situer près du SHAPE, le quartier-général de l'OTAN (à Mons), la France et l'Allemagne (ainsi que la Belgique et le Luxembourg, les deux autres organisateurs du Sommet du 29 avril sur la défense européenne) insistent pour une séparation géographique entre la cellule de l'UE et le Shape. Les trois hommes auraient convenu de poursuivre le travail pour "chercher des voies" en la matière.

Outre ce "pas" en matière de défense, M. Blair a également offert son soutien au couple franco-allemand sur la CIG et sur le Pacte de stabilité. Le Premier ministre britannique a en effet soutenu la Présidence italienne dans ses efforts visant à boucler la CIG "à temps", c'est-à-dire d'ici la fin de l'année. "Nous estimons ensemble" qu'il ne faut pas toucher au travail de Valéry Giscard d'Estaing sans quoi "un nouveau consensus sera difficile à atteindre", a déclaré M. Schroeder. M. Blair a aussi apporté son soutien à ses deux homologues en souhaitant davantage de flexibilité pour le pacte de stabilité. "Nous devons bien entendu maintenir la discipline budgétaire mais aussi reconnaître que si les circonstances économiques changent, il est important, sans pour autant compromettre en quoi que ce soit cette discipline, de donner aux citoyens la croissance qu'ils réclament", a-t-il déclaré en s'associant à "l'initiative de croissance" annoncée jeudi par MM. Chirac et Schroeder et en co-signant une lettre au président de la Commission européenne Romano Prodi demandant de "ne pas imposer de charges inutiles à l'industrie".

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