Bruxelles, 03/02/2003 (Agence Europe) - Le socialiste français Olivier Duhamel, l'un des représentants du Parlement européen à la Convention européenne, affirme dans un article intitulé "Dieu est au-dessus de l'Europe", publié par le Journal du Dimanche du 2 février, que "aussi respectable" que soit l'appel de certains "à mettre Dieu dans la Constitution européenne, force est de constater qu'il ne tient pas compte de la diversité de nos cultures". Et "chez d'autres, l'arrière-pensée, parfois avouée, vise à définir l'Europe comme un club chrétien, voire catholique", ajoute-t-il, en constatant que "les divers représentants des confessions protestante, juive ou musulmane se sont pas associés à ces démarches". "A l'heure où l'intégrisme veut rallier les millions de musulmans qui vivent dans l'Union, il serait particulièrement mal venu de paraître se définir contre l'islam", s'exclame M. Duhamel.
Le "rapport constitutionnel à Dieu" varie considérablement d'un pays de l'Union à l'autre, souligne M. Duhamel. Et il rappelle: "God save the Queen, chantent nos amis anglais", alors que la Constitution irlandaise a été adoptée "au nom de la Très Sainte Trinité " et la Constitution grecque "au nom de la Trinité sainte (...) et indivisible", et que le peuple allemand se proclame "conscient de sa responsabilité devant Dieu", en tête de sa Loi fondamentale, la Constitution espagnole cite la "coopération avec l'Eglise catholique", et la danoise l'appartenance du roi à "l'Eglise évangélique luthérienne". D'autres Constitutions " se taisent", tandis que le premier article de la Constitution française définit la France comme une république "laïque, démocratique et sociale". A l'autre bout, la Constitution polonaise (citée comme référence par le Parti Populaire Européen) évoque, dans son préambule, "tous les citoyens de la République, aussi bien ceux qui croient en Dieu comme source de vérité, justice et bonté que ceux qui ne partagent pas cette foi mais respectent ces valeurs universelles comme issues d'autres sources".