Bruxelles, 27/01/2003 (Agence Europe) - Suspendus depuis le mois dernier suite à l'échec des 147 à trouver un accord à l'échéance préconvenue de 2002, les pourparlers multilatéraux visant à faciliter l'accès des populations démunies aux médicaments essentiels reprennent ce mardi à Genève. Dans le même temps, au Brésil où il est en visite officielle jusqu'à la fin de cette semaine (voir EUROPE du 24 janvier, p. 13), le Commissaire européen Pascal Lamy explicitera la solution proposée au début du mois par les Européens, en espérant évidemment obtenir le soutien de l'un des acteurs majeurs qui est aussi le principal instigateur de cette négociation (voir EUROPE du 10 janvier, p.7). La nouvelle administration, présidée par Luiz Inazio Lula da Silva, « ne s'est pas encore prononcée sur notre proposition qui vise non pas à limiter la portée » des licences obligatoires, mais à « nous mettre pleinement d'accord sur le fait qu'au moins quinze maladies seront couvertes automatiquement et que, pour les autres, nous demanderons l'avis d'une tierce partie compétente dans ce domaine, en l'occurrence l'Oganisation mondiale de la Santé », soulignait-on lundi à Bruxelles. Et d'insister, au vu des premières critiques - pour l'heure, encore officieuses - émises par d'autres partenaires commerciaux: « Il ne s'agit pas de dresser une liste courte (exhaustive, NdlR) des problèmes mais une liste ouverte, avec un mécanisme pour que cela fonctionne ». Porte-parole du groupe africain dans cette négociation, le Kenya figure parmi ceux dont la réaction est « plutôt négative » mais la proposition des Européens est jugée « bonne » par l'Argentine, « constructive » à Washington, où l'on attend cependant de connaître les réactions des pays en développement avant de se positionner, de même qu'au siège de l'OMS, où les premiers commentaires sont «assez encourageants ». « On en discute avec tout le monde en ce moment » et les « options sont encore assez ouvertes », précise-t-on de même source, en affichant le sentiment que «tous les éléments semblent être là, autour, pour arriver » à un terrain d'entente sur les maladies couvertes par le mécanisme des licences obligatoires, l'ultime question en suspens sur laquelle les 147 avaient trébuché le 21 décembre dernier.