Bruxelles, 04/11/2002 (Agence Europe) - Par la voix d'Amelia Torres, porte-parole du Commissaire à la concurrence Mario Monti, la Commission a déclaré qu'elle poursuivait son enquête à propos de Microsoft indépendamment des conclusions auxquelles est arrivée la justice américaines vendredi dernier. « Notre affaire est relativement différente (…). Nous avons nos propres règles », a souligné Mme Torres, tout en ajoutant que la Commission allait « voir si ceci est significatif par rapport à notre propre affaire ».
Microsoft avait été reconnu coupable de position dominante sur le marché américain en avril 2000 et un « décret amiable » avait été conclu entre la justice américaine et Microsoft selon lequel ce dernier s'engageait à laisser davantage de latitude à ses concurrents pour proposer des alternatives à son système d'exploitation Windows. La juge Colleen Kollar-Kotelly a confirmé vendredi les principaux points de l'accord. Les griefs de la Commission concernent en particulier le logiciel de lecture multimédia Mediaplayer. Plusieurs firmes concurrentes se sont plaintes en effet que l'incorporation, à l'origine, de Mediaplayer dans le système d'exploitation Windows confère à Microsoft un avantage injuste et déloyal sur les programmes concurrents et constitue dès lors un abus de position dominante (voir EUROPE du 11 mars, p.8). Selon le Financial Times, Microsoft a dit qu'il n'est pas prêt à dissocier les deux produits, et a espéré que l'UE ne s'éloignera pas des termes du compromis conclu aux Etats-Unis. La Commission soupçonne également Microsoft d'avoir conçu Windows de manière à mieux fonctionner avec son propre logiciel serveur Windows NT, aux dépens des concurrents qui utilisent Linux ou d'autres versions. La porte-parole a rappelé que deux communications de griefs avaient été envoyées à Microsoft, l'une en 2000 et l'autre en 2001. La Commission examine les commentaires que lui a envoyés Microsoft après la seconde déclaration d'objections, mais ne peut pas avancer de date pour les conclusions qu'elle entend tirer, a-t-elle précisé.