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Bulletin Quotidien Europe N° 8295
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/defense

Le ministre grec de la Défense veut rendre la force de réaction rapide de l'UE opérationnelle fin 2002 et régler rapidement la question des relations UE/OTAN

Bruxelles, 11/09/2002 (Agence Europe) - Le ministre grec de la Défense Yiannos Papantoniou a présenté mercredi à la commission des affaires étrangères du Parlement européen les objectifs de son gouvernement en matière de sécurité et de défense, la Grèce présidant les réunions des Comités militaires depuis le 1er juillet et pendant douze mois, à cause de l'"opt-out" dont bénéficie le Danemark dans ce domaine. Le ministre grec veut clairement donner un coup de pouce à la PESD avec comme objectifs prioritaires: une force de réaction rapide de l'UE opérationnelle fin 2002, le renforcement de la politique européenne en matière d'armement, un accord sur les relations entre l'UE et l'OTAN.

M. Papantoniou a expliqué ce que la Grèce entend faire pour rendre opérationnelle, d'ici la fin de l'année, la force de réaction rapide de l'UE. La question sera d'ailleurs inscrite à l'ordre du jour du Conseil Affaires générales des 18 et 19 novembre afin d'évaluer la situation. "Si nous n'y parvenons pas, ce sera en avril-mai 2003," a concédé M. Papantoniou, en reconnaissant qu'il faut d'abord combler les "lacunes de l'UE en matière militaire en se basant sur le plan d'action des capacités européennes". Si nécessaire, selon lui, on pourrait "demander aux Etats membres de réviser leurs contributions". Sans dire comment il comptait les convaincre (la majorité étant assez réticente à une augmentation des dépenses militaires), le ministre a proposé des pistes comme la possibilité de recourir au leasing. Enfin, il a cité son pays en exemple en indiquant que "nous avons un budget militaire élevé à cause des menaces dues à un pays oriental".

Autre priorité: parvenir à un accord simple "sans intérêts malins cachés" régissant les relations entre l'UE et l'OTAN. Ces relations doivent être basées sur deux principes, soulignés au Conseil européen de Séville (voir EUROPE du 22 juin, p.5): (1) l'autonomie de l'UE dans ses décisions relevant de la PESD. "La politique européenne de sécurité et de défense ne peut pas être otage d'un tiers", a déclaré M. Papantoniou: ou en ajoutant que "c'est une erreur que d'avoir accepté un projet d'accord (…) mettant l'UE dans une position inconfortable par rapport aux revendications d'un pays tiers" (allusion au "Document d'Ankara": NDLR); (2) la parité entre l'UE et l'OTAN. "Nos manoeuvres ne peuvent dépendre de l'OTAN lorsque nous décidons d'agir seuls", a indiqué M. Papantoniou. Se félicitant de la perspective d'une relève de la mission de l'ONU en Macédoine par l'UE, le ministre a estimé en même temps que "il ne faut pas donner l'impression que les Nations unies et les Etats-Unis se retirent des Balkans". Cependant, ceci dépend de la conclusion d'un accord UE/OTAN, qui dépend à son tour d'une solution au problème gréco-turc (l'implication dans des opérations PESD de membres européens de l'OTAN non membres de l'UE). Or, "la Turquie connaît une instabilité politique et elle pourrait ne pas être en mesure de travailler avec nous pour aboutir à un compromis", a estimé M. Papantaniou en ajoutant que "l'UE ne peut pas attendre et doit trouver des solutions ad hoc jusqu'à la fin de l'année, pour pouvoir envoyer la force européenne en Macédoine".

Au cours du débat, le conservateur britannique Geoffrey Van Orden s'est interrogé sur l'utilité d'avoir "une force européenne indépendante de l'OTAN". Alexandros Alavanos (GUE/NGL, grec) reste perplexe sur "le type de PESD que l'on veut, notamment quand l'on voit les divergences entre Etats membres sur l'Irak". Répondant aux députés, le ministre grec a réaffirmé: "il faut une force indépendante européenne pour être crédible sur la scène internationale". Répondant au social-démocrate autrichien Hannes Swoboda à propos de Chypre, M. Papantoniou a dit que "la Grèce se bat pour parvenir à une solution politique (…), mais les progrès sont peu importants à cause des Turcs qui ne font preuve d'aucune souplesse". Interrogé par la socialiste belge Véronique de Keyser sur l'industrie de l'armement, il se déclare d'accord sur le principe d'un marché commun de l'armement tout en reconnaissant que "c'est un objectif difficile à atteindre". Annonçant une réunion des directeurs généraux de l'armement en novembre, le ministre grec a mis en garde les Etats membres. "Si l'écart entre l'UE et les Etats-Unis se poursuit, cela aura deux implications graves: d'une part, l'UE sera dépendante de l'armement américain et cela aura une incidence sur sa politique de sécurité et de défense; d'autre part, si l'industrie de l'armement européenne faiblit, cela aura des incidences sur le développement technologique et économique de l'UE en général".

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