Bruxelles, 11/09/2002 (Agence Europe) - "Le travail continue, tout le monde cherche une position européenne commune pour le Conseil Affaires générales du 30 septembre", assurent tous les diplomates européens à propos de la demande des Etats-Unis de voir leurs ressortissants exemptés de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI). Officieusement, certains diplomates critiquent le Royaume-Uni qui estimerait qu'au-delà des trois conditions établies par les juristes des Quinze la semaine dernière (voir EUROPE du 5 septembre, p. 7), chacun devrait être libre d'agir comme il l'entend, et donc de conclure un accord avec les Etats-Unis. Les diplomates britanniques refusent de commenter cette information. La semaine dernière, un groupe de juristes des Quinze avait déterminé trois "lignes rouges" infranchissables: 1) ne pas accepter qu'une éventuelle exemption concerne tous les citoyens américains et limiter au maximum les catégories de personnes concernées; 2) demander des garanties que la personne mise en cause serait alors jugée dans son pays; 3) ne pas permettre aux Quinze de profiter d'un tel accord bilatéral pour demander en retour une dérogation pour leurs propres ressortissants. Au Gymnich d'Elseneur, les 30 et 31 août, les Quinze s'étaient donné un mois pour arriver à une position commune. Les Etats-Unis de George Bush, qui ont annulé la signature américaine au Traité établissant la Cour apposée en son temps par Bill Clinton, militent désormais pour que les pays qui ont ratifié le traité acceptent, par un accord bilatéral, que les ressortissants américains ne puissent pas être jugés par la CPI. Le Traité de la CPI est entré en vigueur le 1er juillet. La Cour devrait concrètement entamer ses travaux vers le mois de mars 2003, à la Haye, aux Pays-Bas. Les Européens rencontreront le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell vendredi à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, pour tenter de parvenir à un accord sur cette question.