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Bulletin Quotidien Europe N° 8229
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/asile/immigration

Le ministre belge Antoine Duquesne regrette le manque de volonté politique des Etats membres

Bruxelles, 10/06/2002 (Agence Europe) - Après la décision du Président du Conseil européen José-Maria Aznar de placer, à la demande du Premier ministre britannique Tony Blair, l'immigration comme thème prioritaire du Sommet de Séville, les différents Etats membres s'expriment sur leurs priorités et leurs craintes. Ainsi, le ministre belge de l'Intérieur, Antoine Duquesne, initiateur lors de la Présidence belge d'une opération concrète en ce domaine baptisée "High Impact" (voir EUROPE du 2 mars 2001) et qui a déjà eu un suivi avec les opérations Rio I et Rio II sous présidence espagnole, a regretté un manque de volonté politique et de solidarité de la part des Etats membres en soulignant, lors d'un entretien avec EUROPE que l'asile, la traite des êtres humains et la lutte contre la grande criminalité sont devenus des problèmes très importants pour les citoyens au plan européen. "Il n'y a pas de solution valable en dehors d'une plus grande solidarité. Nous avons changé la méthode de procédure d'asile en posant les questions politiques essentielles (…) la Commission aurait dû déjà avoir formulé une nouvelle proposition en la matière", affirme M. Duquesne. Un retard que le Premier ministre belge Guy Verhofstadt avait regretté mardi lors de sa rencontre avec José Maria Aznar, et que Leonello Gabrici, porte-parole du Commissaire Vitorino a commenté en assurant que la Commission ferait "tout pour remettre d'ici Séville un projet en matière de politique commune d'asile". Par contre, la députée européenne Anne Van Lancker (PSE, Belgique) a rejeté sur le Conseil des ministres des Quinze la responsabilité de ce retard dans l'élaboration d'une politique commune d'asile et d'immigration. "Après le temps de l'Europe de l'enthousiasme, on arrive à celui de l'Europe qui inquiète", car la criminalité organisée s'amplifie, la mafia s'installe, le trafic de drogue prolifère, déclare M. Duquesne, en regrettant que l'Europe n'ait "pas encore inventé un modèle européen de coopération policière". En revanche, il rappelle qu'une décision a été prise sur les conditions d'accueil des immigrés ("c'est bien mais pas assez"), qu'un accord a été atteint sur les conditions du regroupement familial, qu'un choix a été fait en matière d'harmonisation des procédures d'asile, mais que "il n'y a toujours pas de nouveau projet de directive européenne",. Tout ceci sera sur la table de travail du Conseil Justice/Affaires intérieures des 13 et 14 juin à Luxembourg, "où nous verrons quelle est notre capacité à nous mettre d'accord", a commenté M. Duquesne.

A propos de la coopération policière, en particulier aux frontières extérieures, M. Duquesne a souligné l'importance de prévoir une formation commune (qui est la mission prioritaire de l'académie européenne de police, a-t-il rappelé) et des équipes mixtes d'appui ("ce qui ne serait pas mal"). Ceci a été discuté lors de la conférence ministérielle de Rome le 30 mai dernier, où l'Italie (avec la Belgique, la France, l'Allemagne et l'Espagne) a présenté une étude de faisabilité (baptisée Odysseus), et l'Autriche, la Belgique et la Finlande une 2ème étude en matière de coopération policière (intitulée OISIN), alors que la Commission a présenté sa communication sur une gestion intégrée des frontières extérieures (voir EUROPE des 6/7 mai p.9). "Il y a un problème juridique qui cache des problèmes politiques", admet M. Duquesne. Et, en constatant que, en vue du Conseil JAI de Luxembourg, le Président du Conseil Mariano Rajoy a demandé une synthèse de ces trois textes à l'issue des travaux de Rome, il a remarqué: "synthèse ne veut pas dire choisir une voie définitivement", mais que « l'ensemble doit être cohérent ». Or, l'étude italienne a révélé l'extraordinaire diversité sur le terrain, remarque M. Duquesne. Et il ajoute: en vue du Sommet de Séville, "il y a une certaine ébullition, qui s'explique par un certain nombre de résultats électoraux en Europe". "Quand la maison brûle, la question n'est pas de savoir quel service appeler mais que les secours viennent", s'écrie M. Duquesne, en appelant à faire tous les efforts possibles en vue d'une véritable intégration».

L'étude de faisabilité italienne propose 15 projets, y compris: mise en place de centres de police des frontières, d'un réseau de centre de documents falsifiés et d'un groupe d'experts pour des missions externes; recherche judiciaire commune coordonnée en ce qui concerne la criminalité transfrontalière et liée à l'immigration illégale; création d'un intranet sécurisé et intégré dans les différentes unités de police des frontières nationales; échanges de personnel; rationalisation des opérations de rapatriement. Quant aux douze projets d'Oisin, ils concernent notamment: la création de points de contact nationaux pour la gestion des frontières, d'un Forum des frontières externes, d'un observatoire pour la migration.

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