Paris, 10/06/2002 (Agence Europe) - L'Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale, lors de sa plénière de la semaine dernière à Paris (voir EUROPE du 5 juin, p.5, et du 6 juin, p.5), s'est prononcée une fois de plus pour la création d'une Agence européenne de l'armement, qui pourrait résulter, selon le rapport de l'Espagnol Augustin Diaz de Mera, d'une transformation du Groupe Armement de l'Europe Occidentale. En adoptant le rapport Diaz de Mera, l'Assemblée a constaté que la lenteur du processus de coopération en matière d'armement en Europe est "extrêmement dangereuse et frustrante pour notre industrie de défense". Pour y remédier, l'Assemblée recommande d'adopter une méthodologie distinguant: - le court et le moyen terme, à savoir programmes en cours, coordination des achats et lancement de nouveaux programmes; - le long terme, qui devrait traiter du renforcement de la base technologique européenne et de l'harmonisation des besoins en capacités communes. Au cours du débat, plusieurs parlementaires ont critiqué le choix du Joint Strike Fighter par plusieurs pays européens, au détriment d'une solution européenne.
Par ailleurs, l'Assemblée a adopté les rapports de:
Luis Maria de Puig (Espagne), en regrettant que les engagements souscrits dans le cadre des accords de maîtrise des armements ne soient pas toujours pleinement respectés, et que les résultats ne soient pas totalement irréversibles. L'Assemblée demande au Conseil de l'UEO de prendre des initiatives en matière de prolifération des armes nucléaires, biologiques et chimiques, et d'encourager tous les Etats membres à adopter un protocole de vérification et de contrôle en annexe à la Convention sur les armes biologiques, même si les Etats-Unis n'y souscrivent pas.
Edward O'Hara (Royaume-Uni) et Sam Cherribi (Pays-Bas) demandant que, pour développer "une capacité de gestion du champ de bataille", l'UE élargisse le rôle de son Centre satellitaire de Torréjon afin d'y inclure l'utilisation de systèmes de télédétection, de communication, d'écoute électronique et d'alerte avancée. Selon l'Assemblée, pour élaborer sa politique d'observation spatiale l'UE doit s'appuyer sur un document préparé par les chefs d'état-major français, allemand, italien et espagnol.
Par ailleurs, le Secrétaire d'Etat italien à la Défense, Filippo Berselli, a fait rapport sur la réunion des ministres de la Défense du Groupe Armement de l'Europe Occidentale, le 16 mai à Rome, et qui est parvenue à la conclusion que le GAEO devrait oeuvrer plus activement pour la modernisation des capacités de défense de l'UE. Quant au retrait de l'Italie du projet d'avion de transport A400M, M. Berselli n'a pas exclu que l'Italie y participe plus tard, en outre, il a justifié la décision du parlement italien en faveur de l'achat de l'avion de combat américain Joint Strike Fighter par le fait que l'Europe n'aurait pas d'avion d'attaque au sol pendant les dix prochaines années, et que cet avion complétait le projet Eurofighter sans entrer en concurrence avec lui.