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Bulletin Quotidien Europe N° 8229
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/cosmetiques

Conciliation en perspective dans le dossier de l'expérimentation des produits cosmétiques sur les animaux

Bruxelles, 10/06/2002 (Agence Europe) - La commission de l'environnement du Parlement européen a demandé le 23 mai l'interdiction immédiate de la vente de nouveaux produits cosmétiques testés sur les animaux si d'autres méthodes validées d'expérimentation existent, et que cette interdiction serait suivie, cinq ans plus tard, d'une interdiction totale de vente de tout nouveau produit cosmétique testé sur des animaux. Les membres de la commission parlementaire se sont également prononcés en faveur d'une interdiction de l'expérimentation animale pour la fin 2004. Si, le 11 juin, la plénière suit la commission de l'environnement, le dossier fera presque certainement l'objet d'une procédure de conciliation, le Conseil ayant, dans sa position commune sur la proposition modifiant la directive "cosmétiques", abandonné l'idée d'une interdiction de l'expérimentation et aussi de l'interdiction de vente.

En adoptant la recommandation présentée par Dagmar Roth-Behrendt (PSE, Allemagne), les députés ont traduit les préoccupations exprimées par une large majorité de l'opinion publique qui s'oppose à ce que des animaux endurent des souffrances pour contribuer à la mise au point de produits jugés superflus. Ils ont notamment considéré que l'approche consistant à laisser davantage de temps à l'industrie pour mettre au point des méthodes d'expérimentation alternatives n'a donné aucun résultat et qu'il est par conséquent raisonnable d'instaurer une interdiction totale de l'expérimentation animale, laquelle pourrait donner un coup de fouet significatif à la mise au point de méthodes de remplacement. Cette prise de position très claire et largement partagée de la commission parlementaire inquiète au plus haut point le secteur industriel à la veille de la plénière. Une porte-parole de Colipa, le lobby européen des cosmétiques, a confirmé cette crainte à l'Agence Europe, soulignant que l'association qu'elle représente peut accepter le principe de l'interdiction de l'expérimentation, mais qu'en réalité elle ne serait pas sûre de pouvoir respecter ses engagements, l'état de la science étant déterminant à cet égard. Et de citer l'exemple d'une méthode d'expérimentation alternative concernant l'irritation des yeux dont la mise au point a pris cinq ans sans donner de résultats probants.

Pour éviter que l'expérimentation animale ne soit délocalisée vers des pays tiers, la commission de l'environnement a également décidé qu'une interdiction communautaire doit se doubler d'un étiquetage obligatoire des produits et composants testés sur des animaux. Selon les députés, il faut aussi prendre des mesures pour garantir que des produits testés sur des animaux ne soient plus mis sur le marché communautaire après une date à spécifier et, à titre transitoire et jusqu'à l'instauration d'une interdiction totale de vente, prévoir que les cosmétiques testés sur des animaux soient clairement étiquetés "testé sur des animaux". En outre, ils sont pour l'interdiction de l'utilisation dans les cosmétiques de substances de nature carcinogène, mutagène ou toxique, sauf s'ils sont réputés sûrs et, pour éviter les allergies aux fragrances, ils estiment que l'utilisation de parfums doit être interdite dans les produits destinés aux enfants, tels que crèmes et shampooings pour bébés, mais aussi dans les produits d'hygiène intime tels que les serviettes hygiéniques, le papier hygiénique et les tampons d'ouate. Des amendements dont certains, en particulier ceux portant sur l'étiquetage, sont rejetés par l'industrie.

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