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Bulletin Quotidien Europe N° 8214
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/amerique latine/caraibes

Le Sommet de Madrid a adopté des déclarations sur le terrorisme, la drogue, le multilatéralisme et l'ouverture des marchés

Madrid, 17/05/2002 (Agence Europe) - Le deuxième Sommet UE/Amérique latine/Caraïbes a adopté vendredi à Madrid une "Déclaration politique" constituant "l'engagement de Madrid" pour un partenariat stratégique entre les deux régions dans les domaines politique, économique et de la coopération. Cette déclaration est développée dans un document d'une centaine de paragraphes sur les "valeurs communes" des deux continents, allant des droits de l'homme au développement du multilatéralisme, en passant par le désarmement et la lutte contre le terrorisme. Le Sommet a approuvé en outre un "rapport d'évaluation" sur le développement des relations depuis le premier sommet de Rio, en juin 1999. La déclaration annonce d'ores et déjà que le prochain Sommet se tiendra en 2004 à Mexico et que, dès le second semestre 2002, une réunion de hauts fonctionnaires devra préparer une réunion ministérielle consacrée à la coopération, qui se tiendra fin 2002 au Costa-Rica.

Hormis le différend entre l'UE et les pays centraméricains et andins sur la conclusion de nouveaux accords d'association (voir p. 9), le Sommet s'est traduit par une vision relativement consensuelle, y compris sur le classement des FARC parmi les organisations terroristes (voir plus loin) et la lutte contre le terrorisme en général. Voici les principaux points évoqués dans les débats et déclarations:

Terrorisme: le Royaume-Uni a introduit ce "thème dominant des débats", selon le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué. Le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, avait ouvert le Sommet en appelant à une "action concertée au niveau international, absolument indispensable pour affronter" le terrorisme, "menace la plus importante contre nos valeurs communes".

Dans leur déclaration politique, les chefs d'Etat et de gouvernement se disent "résolus à renforcer les actions individuelles et collectives entreprises pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes", tout en assurant qu'ils demeurent "totalement convaincus que la lutte contre le terrorisme doit se faire dans le respect des droits de l'homme, des libertés fondamentales et de l'Etat de droit".

Démocratie et droits de l'homme: la consolidation de l'Etat de droit, de la démocratie et la lutte contre les inégalités sociales ont eu une part importante des débats. La déclaration réaffirme ainsi l'"attachement (des deux parties) à tous les droits de l'homme, droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels, y compris le droit au développement et aux libertés fondamentales" et la nécessité de "consolider les institutions démocratiques", en soutenant "fermement le principe selon lequel les systèmes judiciaires nationaux doivent être indépendants et impartiaux". La déclaration condamne "tous les crimes contre l'humanité" et estime "qu'il importe de renforcer la coopération afin d'identifier, d'arrêter, d'extrader et de sanctionner toute personne qui s'est rendue coupable de ces crimes odieux", en saluant la création de la Cour pénale internationale. La déclaration plaide en outre pour des "politiques destinées à promouvoir le respect de la dignité et du bien-être des migrants". Tentant de désamorcer une polémique qui commençait à monter dans la presse latino-américaine, le ministre des Affaires étrangères espagnol, Josep Piqué, a tenu à souligner devant la presse que l'Espagne n'envisage pas de restreindre les visas pour les immigrés argentins ou des Caraïbes, "au-delà de ce qui existe déjà".

Coopération: le premier débat sur la coopération dans les domaines sociaux, culturels, de l'éducation, des sciences et de la technologie a été introduit par l'Italie (sur la diversité culturelle), le Portugal (sur la fracture technologie), l'Argentine (sur l'éducation), la Colombie (sur la cohésion sociale), le Costa Rica (sur le développement durable). Ce fut un débat "très large, franc et peu formel", a assuré M. Piqué, en notant une "grande convergence de vues sur la nécessité de respecter la diversité culturelle de nos populations et de nos régions".

La déclaration salue la mise en oeuvre du programme Alfa dans le domaine de l'enseignement supérieur, le nouveau programme @lis pour la diffusion des technologies de l'information, ou le lancement d'un programme de bourses annoncé par la Commission (voir EUROPE des 13/14 mai, p. 11). La déclaration invite à mettre en oeuvre le "Plan d'action 2002-2004 pour la création d'un espace commun Union européenne-Amérique latine et Caraïbes pour l'enseignement supérieur" et le plan d'action adopté par les ministres chargés des sciences et technologies en mars à Brasilia. Sur le terrain économique, les deux parties s'engagent à favoriser la croissance et à lutter contre la pauvreté, en coopérant pour "améliorer l'efficacité des organismes publics, la promotion des processus d'intégration régionale, le dynamisme (…) des PME et le développement des infrastructures". Elles s'engagent aussi à "promouvoir les flux d'échanges et d'investissements (…) par le biais d'un environnement juridique plus ouvert, plus sûr, non discriminatoire et plus transparent."

Lutte contre le trafic de drogue: la déclaration confirme l'engagement des deux parties à lutter conjointement "contre les fléaux que sont les drogues illicites et la criminalité liée aux drogues, la corruption et la criminalité organisée, en améliorant les mécanismes de coordination" et en "empêchant leur utilisation pour le financement du terrorisme et des activités criminelles". La déclaration sur les valeurs communes réaffirme la "responsabilité partagée" des pays producteurs et consommateurs et la nécessité de décourager les cultures illicites en offrant des débouchés commerciaux pour les cultures alternatives, afin d'assurer "un niveau de vie décent" aux communautés concernées. Les deux parties devraient évaluer les résultats des mécanismes de coopération dans le domaine de la lutte contre la drogue, dont la dernière réunion s'est tenue à Madrid en mars dernier.

Multilatéralisme et échanges commerciaux: les deux parties confirment leur engagement en faveur du système multilatéral à l'ONU et leur volonté de coordonner leurs positions pour les prochains Sommets de Rome sur l'alimentation et de Johannesburg sur le développement durable. Elles reconnaissent que pour lutter contre les inégalités, "il faut améliorer les règles et le fonctionnement du système commercial et financier international et aussi créer des possibilités réelles d'accès au marché". Le président brésilien, Enrique Cardoso, a enfoncé le clou durant son intervention, en stigmatisant "la globalisation qui promet des opportunités mais qui ne semble pas capable de résoudre les asymétries qui perpétuent les inégalités et l'exclusion". Il a mis en avant les "préoccupations" à l'égard du "protectionnisme", qui "se convertit finalement en instrument de défense des privilégiés des pays les plus riches". "Les pays en développement sont confrontés à des barrières insurmontables pour leurs produits les plus compétitifs", a-t-il dit en citant "les subventions agricoles, les surtaxes industrielles, les pics tarifaires, les mesures discriminatoires et les quotas".

Politique internationale: les deux parties saluent les efforts des autorités argentines "pour mettre en oeuvre un programme économique solide et global qui permettra de faire aboutir les négociations avec le Fonds monétaires international et d'autres organisations financières".

Selon la formule désormais rituelle concédée à Cuba pour condamner l'embargo américain, la déclaration réaffirme le rejet "de toutes les mesures présentant un caractère unilatéral et un effet extraterritorial, contraire au droit international et aux règles de libre-échange communément admises".

Les participants encouragent enfin "fermement le Guatemala et le Bélize, qui s'efforcent ensemble de parvenir à un règlement pacifique, honorable et définitif de leur conflit territorial" et invitent "toutes les parties concernées par la crise politique en Haïti à redoubler d'efforts pour renforcer la démocratie et créer les conditions propices à une reprise rapide et intégrale de la coopération" avec la communauté internationale".

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