Bruxelles, 10/05/2002 (Agence Europe) - Selon le quotidien britannique Financial Times de vendredi, la Commission européenne envisagerait d'adopter une ligne dure à l'égard de Microsoft en lui imposant de répondre à des exigences qui l'obligeraient à procéder à des changements radicaux au niveau de la production et de la vente du système d'exploitation Windows.
Après trois années d'enquête sur cette affaire, les services de la concurrence de la Commission seraient en train d'examiner un large éventail de mesures visant à dissuader Microsoft d'abuser de sa position dominante sur le marché du software. Des mesures dures, rapporte en substance le quotidien, qui précise toutefois qu'aucune décision finale n'a encore été prise. Les mesures envisagées obligeraient la société de Bill Gates à revoir radicalement les modes de production et de vente du système d'exploitation Windows et du software Media Player. Plus précisément, la Commission pourrait demander à Microsoft de séparer le Media Player de Windows. Les plaignants dans cette affaire, emmenés par AOL Time Warner, estiment en effet que l'incorporation de Media Player dans Windows en tant que standard de base de ce dernier lui confère un avantage injuste et déloyal sur les programmes concurrents tels que Real Player. Une des solutions à l'étude à Bruxelles serait de permettre aux constructeurs d'ordinateurs de choisir entre un système Windows proposant Media Player et un Windows sans Media Player. Une telle exigence obligerait donc Microsoft à produire une version allégée de Windows, ce que redoute la firme, qui plaide en faveur d'un arrangement semblable à celui conclu avec le gouvernement des Etats-Unis et certains Etats, arrangement qui permet aux fabricants d'ordinateurs d'occulter l'icône Media Player du bureau de l'ordinateur sans supprimer l'entièreté du programme. Les mesures envisagées à Bruxelles iraient donc bien au-delà de ce que les autorités de la concurrence des Etats-Unis demandent à Microsoft, souligne le Financial Times, qui n'hésite pas à évoquer une possible dégradation des relations entre les autorités de la concurrence européennes et américaines. D'autant que la Commission envisagerait aussi d'exiger de Microsoft qu'elle fournisse un grand nombre d'informations techniques à ses concurrents.