Stuttgart, 06/05/2002 (Agence Europe) - Lors de la prochaine plénière de la Convention européenne (les 23 et 24 mai), le présidium proposera la création d'un groupe de travail qui fera des propositions sur la répartition des compétences au sein de l'UE et sur la subsidiarité, a confirmé Valéry Giscard d'Estaing, président de la Convention, dans une allocution prononcée le 5 mai à Stuttgart, à l'invitation d'Erwin Teufel, ministre-président du Bade-Wurtemberg, à l'occasion de l'inauguration des "Stuttgarter Reden zum Europatag". Christian Palmer, ministre du Land chargé des affaires européennes, a indiqué que ce discours était le premier de ce qui doit devenir une tradition, les "Discours de Stuttgart pour la journée de l'Europe". Erwin Teufel, qui représente le Bundesrat à la Convention, a défendu la thèse qui lui est chère: sans essayer d'exporter le fédéralisme à l'allemande, il aimerait voir une "libération" du principe de subsidiarité, pour qu'il puisse être vraiment appliqué. L'expérience de l'Allemagne - un Etat qui vit depuis cinquante ans l'expérience fédérale - peut nous être très utile, même s'il ne s'agit évidemment pas de recopier le modèle allemand, a dit VGE, qui a rappelé que le débat public sur l'avenir de l'Union a été relancé par les discours de Joschka Fischer à la Humboldt Universität de Berlin et du Président Rau au Parlement européen.
L'Europe doit concentrer ses efforts sur ses "compétences clés", dans le respect de la subsidiarité, a souligné VGE, qui a rappelé qu'il avait été rapporteur du Parlement européen sur la subsidiarité et qu'il s'était rendu personnellement à Maastricht pour insister sur l'introduction de ce principe dans le traité. Comme il l'avait déjà fait devant la presse à Bruxelles, VGE a noté que, à la Convention, on n'a pas entendu jusqu'ici beaucoup de demandes que l'Union assume de nouvelles compétences dans la vie intérieure des Etats membres, alors qu'il s'est dit "heureusement surpris" par la demande de beaucoup de conventionnels concernant la politique extérieure commune. Il est "indispensable" que la Convention aboutisse à des "propositions concrètes en faveur d'une politique extérieure commune clairement perçue par l'opinion publique", a estimé VGE (voir aussi EUROPE du 17 avril, p.6). Selon lui, dans cet exercice il faudra répondre en particulier aux questions suivantes: - quels sont les mécanismes qui permettront à l'Union de s'exprimer d'une seule voix?; - comment peut-on préparer un front commun de façon rapide et efficace? (il ne s'agit pas seulement de parler, mais de parler pour dire quoi?); - quels sont les moyens d'influence et d'action que les Etats membres peuvent mettre à la disposition de l'Union dans ce domaine? La conclusion de VGE est que les moyens existent, mais que les Etats membres sont rarement capables de les mettre à la disposition d'une politique cohérente et exécutée en commun. Cela va prendre un certain temps, et il faudra trouver des solutions "imaginatives pour mettre en commun tous les moyens existants des Etats membres au service d'une politique européenne", mais certaines décisions récentes vont dans la bonne direction, a estimé VGE, en citant Galileo et le projet d'avion européen de transport militaire A400M (Allemagne, France et Royaume-Uni ont signé l'accord sur la livraison de cet avion d'Airbus et attendent l'accord des cinq autres partenaires, à savoir Espagne, Portugal, Belgique, Luxembourg et Turquie: NDLR).