Bruxelles, 06/05/2002 (Agence Europe) - Les représentants des différentes institutions européennes ont salué l'élection de Jacques Chirac comme président de la République française, le 5 mai, lors du deuxième tour des élections, à une majorité écrasante face à son rival Jean-Marie Le Pen.
Au Parlement européen, le Président Pat Cox s'est félicité de cette "victoire de la raison et de l'intelligence face à l'intolérance et à l'extrémisme", tout en soulignant que, "le prix de la liberté est une vigilance permanente", et que les responsables politiques, pas seulement en France, mais dans tous les Etats membres, peuvent réellement vaincre l'intolérance et l'extrémisme seulement en comprenant mieux les "préoccupations quotidiennes et légitimes de nos concitoyens", et en faisant appel à leur intelligence plutôt qu'en exploitant "leurs craintes, préjugés et insécurité". "En toute humilité, nous devons nous engager à rajeunir et revigorer la démocratie parlementaire européenne, en montrant à nos concitoyens européens que leurs avis compte, et que la démocratie est de retour", conclut Pat Cox. Quant au Président du groupe du PPE-DE, Hans Gert Pöttering, il a estimé que la victoire de Jacques Chirac "dynamisera la poursuite du processus d'intégration européenne, dont la France est l'un des piliers principaux", et qu'elle permettra au travail de la Convention européenne de se poursuivre. L'élu de la CDU a espéré que Jacques Chirac et ses alliés remporteront une claire victoire aux élections législatives (des 9 et 16 juin), ce qui permettrait à la France "de prendre de nouveau des initiatives fortes en faveur de l'Europe, et en particulier de la mise en place d'une politique extérieure européenne". Graham Watson, Président du groupe libéral, constate que l'Europe est soulagée par la victoire de Jacques Chirac. Alors qu'il ne partage pas lui-même les idées du président français, le libéral démocrate britannique constate que "l'arbre de la liberté continue à pousser", même s'il faut se demander pourquoi un cinquième des électeurs français a voté Le Pen. Pour Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts/ALE, il est "inquiétant de constater qu'un parti raciste et antisémite a recueilli les voix de près de 6 millions d'électeurs". Selon lui, l'Europe doit tirer les leçons de ces résultats et, elle doit, "face à une mondialisation tous azimuts (...), expliquer aussi à ses citoyens qu'elle fait partie des solutions et pas des problèmes". La co-présidente du groupe Monica Frassoni, a souligné pour sa part que "les Français ont rejeté l'option anti-européenne" de l'extrême-droite, et a espéré que la gauche plurielle gagnera les élections législatives en juin. Les élus européens de la Lista Bonino Maurizio Turco et Marco Cappato ont choisi de mettre l'accent sur un détail qui leur tient à coeur: l'annulation à la dernière minute, par la police française, de la "Million Marjuna March" qui devait se dérouler samedi à Paris, en même temps que dans 150 villes du monde. "Les idées attribuées à Le Pen ont déjà vaincu", estiment-ils.
Le Président du Conseil de l'UE Josep Piqué a félicité le peuple français pour avoir ainsi "réaffirmé les valeurs de l'Europe unie", en estimant que, après l'expérience du premier tour, la France "redevient la France de toujours (...), la France avec laquelle nous désirons construire une Europe élargie, prospère, solidaire et défendant les libertés et les valeurs démocratiques".
Le Président de la Commission, Romano Prodi, a souligné pour sa part que "l'Europe est une Union de nations et de peuples", et que le peuple français a "montré, une fois encore, que cette nation est au coeur de l'Europe et entend le rester". Les politiques extrémistes et isolationnistes de Jean-Marie Le Pen ont été rejetées en bloc, constate-t-il.