Bruxelles, 03/01/2002 (Agence Europe) - La Confédération européenne des syndicats (CES) et ses affiliées espagnoles (Union General des Trabajadores/ UGT, Comisiones Obreras/ CC.OO. et Solidaridad de Trabajadores Vascos/ ELA-STV) ont présenté leur Mémorandum syndical à la Présidence espagnole du Conseil de l'UE. Outre l'avenir de l'Europe (les syndicats soulignent en particulier la participation permanente des partenaires sociaux aux travaux de la future Convention), le mémorandum insiste notamment sur les priorités suivantes:
1. Mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne: le Sommet du printemps à Barcelone doit accorder la priorité à la stimulation de la croissance économique et à la création d'emplois. Le cadre du Pacte de croissance et de stabilité doit être exploité pour élaborer un ensemble européen de mesures économiques favorables à l'emploi, axées sur le relèvement du pouvoir d'achat et sur l'augmentation des investissements. Selon les syndicats, il faut en outre: - continuer à accorder une grande priorité au dialogue macro-économique de Cologne qui rassemble les partenaires sociaux, la BCE, les Etats membres et la Commission; - garantir la cohérence du dosage entre politiques. Ceci concerne aussi la BCE qui, à la lumière de la conjoncture économique actuelle, peut et doit, selon le mémorandum, réduire encore les taux d'intérêt. Quant à l'élargissement de l'UE, une initiative politique devrait être lancée pour renforcer la gouvernance économique.
2. Droits des travailleurs et politique sociale: les syndicats insistent sur les négociations actuelles entre partenaires sociaux européens sur le télétravail et sont favorables à l'ouverture de négociations sur les conditions d'accès à la formation tout au long de la vie (une conférence à ce sujet sera organisée par la CES à Valence, au début de 2002). La Présidence est invitée à accorder la priorité aussi à l'achèvement de la nouvelle stratégie européenne pour la santé et la sécurité sur le lieu du travail en la complétant par un programme d'action concret et en élargissant la portée de la directive aux travailleurs indépendants.
3. Une politique d'immigration commune: des progrès doivent être accomplis sur les points suivants: a) élargissement de la libre circulation des personnes aux ressortissants de pays tiers résidant dans l'UE et déblocage de la proposition de modification du règlement 1408/71 qui inclut les ressortissants de pays tiers dans la coordination des régimes de sécurité sociale; b) meilleure participation des partenaires sociaux dans les dossiers d'immigration, l'objectif étant d'éviter la détérioration des conditions de travail dans les secteurs économiques qui emploient de la main-d'oeuvre étrangère et de lutter contre l'immigration clandestine.
4. Unification européenne: l'accent doit être placé sur les régions transfrontalières, et notamment sur les politiques structurelles de développement régional et les pactes territoriaux, pour faire progresser l'emploi. En outre, il faudrait associer les représentants des pays candidats, comme observateurs, aux comités consultatifs européens où les partenaires sociaux sont représentés.
5. L'UE et le monde: l'UE doit essayer de promouvoir un nouvel ordre social et économique international et jouer un rôle actif dans la lutte contre le terrorisme. En ce qui concerne les relations bilatérales de l'UE avec d'autres pays, les syndicats demandent que le respect des normes de l'OIT et des normes relatives aux droits syndicaux soit mentionné dans tout accord de coopération et d'association.
Le Mémorandum est disponible sur le site de la CES http: //http://www.etuc.org