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Bulletin Quotidien Europe N° 8108
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pe/irak

Le porte-parole de l'opposition irakienne appelle l'Union à aider l'Irak à renverser Saddam Hussein

Bruxelles, 07/12/2001 (Agence Europe) - A l'heure où l'Irak pourrait être la cible des prochaines opérations militaires américaines, une délégation du Conseil du congrès national irakien (INC), coalition qui rassemble toutes les forces d'opposition au gouvernement de Saddam Hussein, est venue à Bruxelles sensibiliser les institutions européennes et les ONG de défense des droits de l'homme aux souffrances du peuple irakien et demander à la communauté internationale de l'aider à se libérer du régime dictatorial de Saddam Hussein plutôt que d'aggraver son calvaire par des sanctions économiques.

Au Parlement européen, la délégation, conduite par Sharif Ali bin Alhussein, porte-parole de l'INC, a été reçue par la Baroness Nicholson of Winterbourne (libérale britannique) membre de la commission des affaires étrangères et auteur d'un rapport en préparation sur la situation en Irak dix ans après la guerre du Golfe. Au cours d'une conférence conjointe, Sharif Ali bin Alhussein a expliqué que cette opération de sensibilisation s'inscrivait dans une campagne, menée aussi bien en Europe que dans les pays voisins de l'Irak, pour "dénoncer les violations des droits de l'homme commises par Saddam Hussein et recentrer l'attention de la communauté internationale sur le problème essentiel, à savoir la nature totalitaire du régime de Saddam Hussein ». Selon lui, "il n'est pas étonnant que cette stratégie de la terreur se retrouve à l'identique dans les relations qu'entretient le régime avec le reste du monde ». Il a rappelé à cet égard que Saddam Hussein est en possession d'armes de destruction massive et affirmé qu'il est "impliqué dans la formation de groupes islamistes au Sud de Bagdad, spécialisés dans l'assassinat et le détournement d'avions". "Nous sommes intimement convaincus que Saddam Hussein est impliqué dans le soutien logistique et financier au terrorisme international", a-t-il déclaré, ajoutant que "sa capacité à utiliser l'arme biologique, qu'il a déjà prouvée contre son propre peuple, et ses efforts pour développer l'arme nucléaire ne sont pas seulement une menace pour son peuple mais pour toute la région". Convaincu que "Saddam Hussein ne réajustera jamais sa politique ", il a mis en garde la communauté internationale contre toute concession qui risquerait de pousser Saddam Hussein à l'escalade, au risque de "déstabiliser toute la région". Accusant le régime de Saddam Hussein de détourner le programme "Pétrole contre nourriture" de son objectif et de favoriser le marché noir pour stocker les recettes en dehors du pays, il a fait observer que les revenus du pétrole -aujourd'hui pourtant cinq fois plus importants que pendant la guerre du Golfe- ne profitaient pas au peuple irakien. Pour le porte-parole de l'INS, "les sanctions économiques ne sont pas une politique efficace, la seule solution est d'aider le peuple irakien à renverser le régime actuel pour mettre en place un régime démocratique, constitutionnel, pluraliste, respectueux des droits de l'homme et de l'Etat de droit et représentatif du peuple irakien". L'alliance des forces d'opposition dont il est le porte-parole est, selon lui, " tout à fait capable et disposée à assurer l'administration transitoire de l'après-Saddam Hussein tout en préservant l'intégrité de l'Irak". Dans l'intervalle, il a exprimé l'espoir de maintenir et développer ses relations avec les décideurs politiques de l'Union ».

A un journaliste qui lui demandait s'il estimait qu' une intervention militaire américaine pour renverser Saddam Hussein pouvait être une solution, M. Alhussein n'a pas écarté cette hypothèse. "Ce n'est pas à nous de le dire, mais si une intervention militaire devait avoir lieu, elle devrait être ciblée sur Saddam Hussein et son régime", a-t-il répondu, ajoutant que "Saddam n'a pas attendu le 11 septembre pour être impliqué dans le terrorisme international ». Selon lui, les Américains sont plus conscients que l'Europe de la menace que représente Saddam Hussein, et "si la menace pesait sur elle, l'Europe aurait peut-être une autre attitude".

La Baroness Nicholson of Winterbourne a rappelé que l'Union européenne n'était pas une organisation à vocation militaire, qu'elle s'attachait plutôt à promouvoir la paix par le dialogue et l'aide, mais que le développement de la PESC avait connu un coup de fouet depuis le 11 septembre. Dénonçant « le harcèlement, la torture et l'emprisonnement à vie, sans jugement, des opposants », elle a déclaré: "Nous espérons qu'il existe une voie de progrès sans conflit armé". Le rapport qu'elle prépare, invite l'Union à proposer aux Nations unies l'établissement d'un tribunal pénal international ad hoc pour l'Irak afin de juger les crimes contre l'humanité et les violations des droits de l'homme commis par Saddam Hussein, la révision de l'embargo en vue de lever les restrictions aux importations de produits de base non militaires ainsi qu'aux transactions financières et produits ne pouvant être détournés de leur fin. Il exhorte aussi les Nations unies à allouer une partie des fonds du programme pétrole contre nourriture aux réfugiés irakiens.

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