Eupen, 06/12/2001 (Agence Europe) - Un colloque organisé à Eupen la semaine dernière par l'UEF-Belgique, présidée par Fernand Herman, l'association « B Plus » et la communauté germanophone a une nouvelle fois souligné l'importance des partis politiques européens pour le développement d'un véritable débat démocratique dans l'Union européenne. Dans son introduction, le président de « B Plus », Ludo Dierickx, a souligné que le déficit démocratique ne sera pas comblé par plus de relations publiques, plus d'informations, plus de brochures, mais en donnant aux citoyens la possibilité de participer à la vie politique de l'UE en votant pour ou contre des programmes présentés par des candidats appartenant à des partis transnationaux ayant le poids européen nécessaire. Le ministre-président de la Communauté germanophone de Belgique, Karl-Heinz Lambert, a comparé la situation de l'UE à celle de la Belgique où il n'existe pas de partis nationaux et où les citoyens ont souvent du mal à se reconnaître dans les institutions nationales. Le président du groupe PPE/DE au Parlement européen, Hans-Gert Pöttering (CDU), a insisté sur la nécessité d'améliorer le caractère transnational des partis. Il a souligné qu'au PE, les groupes politiques sont déjà transnationaux et il a souhaité que la proposition sur le statut et le financement des partis européens puisse encore être approuvée sous présidence belge. Le social-démocrate allemand Jo Leinen, lui aussi député européen, a souligné combien les élections européennes deviendraient attractives si le président de la Commission européenne était élu par le Parlement européen au lieu d'être désigné par les chefs de gouvernement. Un sentiment partagé par le Vert néerlandais Ferdinand Harmsen qui a dit que Daniel Cohn-Bendit pourrait, dans ce contexte, être la tête de liste européenne des Verts. Le professeur Kris Deschouwer (VUB) a en revanche estimé que l'on ne peut pas transposer le modèle démocratique classique à l'UE, qui est pour lui une entité multinationale à géométrie variable où les droits de veto seront toujours nécessaires. Et d'ajouter qu'il n'y a pas de « souveraineté centrale », que les partis manquent de cohérence et qu'il ne faut pas se faire d'illusion sur l'éventuelle création d'un gouvernement européen. La réponse est venue de l'ancien député européen (PPE), Fernand Herman, qui a souligné que l'Union est en cours d'évolution et a constaté que même Tony Blair parle désormais de l'euro et d'un modèle constitutionnel. « Le Parlement européen n'est plus un parlement qui aboie, mais un parlement qui peut mordre », a-t-il dit, en estimant que c'est aux députés d'expliquer l'Europe. Il ne suffit pas d'avoir un programme, a poursuivi M. Herman, en plaidant pour un système électoral unifié et un quota de 10 à 15% des candidats qui devraient être présentés par les partis européens dans tous les Etats membres.