Bruxelles, 16/11/2001 (Agence Europe) - Lors de la deuxième "conférence d'amélioration des capacités", qui se tiendra lundi à Bruxelles, les ministres européens de la Défense et des Affaires étrangères devraient adopter une déclaration qui évaluera les forces mises à la disposition de la force européenne de réaction rapide pour la prévention des conflits et la gestion des crises, ainsi qu'un plan d'action pour combler les lacunes. Parallèlement, les ministres responsables de la police devraient aussi adopter une déclaration à l'issue de leur première conférence formelle d'engagement. Au cours de cette journée chargée, se réuniront dans la matinée en marge du Conseil Affaires générales, les ministres de la Défense sous la présidence du ministre belge André Flahaut, et les ministres responsables de la police, sous la présidence du ministre belge de l'Intérieur, Antoine Duquesne. Dans l'après-midi, le Conseil Affaires générales approuvera formellement les déclarations sur l'amélioration des capacités militaires et l'engagement des forces de police. Mardi, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense se réuniront avec leurs homologues des pays européens membres de l'OTAN et non membres de l'UE (pays candidats à l'adhésion, Islande et Norvège).
Du point de vue militaire, l'objectif est de parvenir en 2003 à une force de 60.000 hommes déployable en 60 jours et capable de soutenir une action d'au moins un an, afin de mettre en œuvre les "tâches de Petersberg" de prévention des conflits et gestion des crises. Le Sommet de Laeken devrait déclarer en décembre "l'opérationalité" de la force européenne. "Il n'y a pas de problème majeur en terme de quantité, mais il existe encore des lacunes importantes en terme de qualité et toutes les lacunes ne seront pas remplies en 2003", indique une source militaire. Sur la cinquantaine de lacunes identifiées en terme de commandement, contrôle, communication, renseignement et transport stratégique, "40% sont en passe d'être comblées et les deux tiers d'entre elles font l'objet de programmes dans les Etats membres ou entre les Etats membres", précise la même source, en citant notamment les programmes entre les Pays-Bas et l'Allemagne pour l'alimentation en vol des avions, entre la France, l'Italie et l'Allemagne pour la reconnaissance satellitaire, le programme d'avion de transport de troupes Airbus A400M, ou encore les projets pour la mise en place de quartiers généraux communs. Le problème central reste celui précisément du centre de commandement, en l'absence d'accord formel avec l'OTAN pour l'utilisation de ses capacités de planification et commandement, bloqué par la Turquie. Des contacts sont en cours avec Ankara pour définir les modalités de la participation de la Turquie au processus de décision qui amènera le déclenchement d'une opération, mais les diplomates européens ne s'attendent pas à un résultat lors de la réunion de mardi avec les pays de l'OTAN non membres de l'UE, à laquelle participera la Turquie. En tout état de cause, l'absence d'accord avec l'OTAN est "un handicap, mais il n'est pas critique, et la déclaration d'opérationalité n'en dépend pas", assurent les diplomates européens. En revanche, la question du financement de la politique européenne de défense, et des programmes nationaux de défense, reste un écueil majeur, se plaignent des sources militaires européennes.
En terme de force de police, l'objectif fixé lors du Sommet de Feira est d'arriver en 2003 à déployer 5.000 fonctionnaires de police, dont 1.000 déployables en 30 jours. Lors d'une conférence sur les capacités de police des Etats membres en mai dernier, les Etats membres avaient annoncé la disponibilité d'environ 4.500 officiers de police (voir EUROPE du 11 mai). Là aussi les objectifs qualitatifs sont importants en terme de formation, de commandement, et d'interopérabilité du matériel et des officiers de police puisque les forces sont différentes selon les Etats membres, selon qu'il s'agit de personnel civil ou militaire. L'objectif est de pouvoir utiliser les différentes formes de polices selon les tâches à accomplir, comme l'humanitaire ou le maintien de l'ordre, souligne une source européenne. Conformément aux décisions prises lors des Sommets de Göteborg et Feira, la force de police européenne pourra être mise à la disposition pour des actions entreprises par l'ONU, l'OSCE ou l'UE.