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Bulletin Quotidien Europe N° 8082
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mercosur

Les pays du Mercosur ont présenté une offre de libéralisation couvrant 33% de ses importations industrielles et 40% des importations agricoles

Bruxelles, 30/10/2001 (Agence Europe) - Le Mercosur a présenté lundi une offre de démantèlement tarifaire couvrant, pour l'heure, environ 33% de ses importations industrielles en provenance de l'UE et 40% des importations agricoles, dans le cadre des négociations pour un accord d'association et de libre-échange entre l'UE et les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Au total, l'offre couvre 7,5 milliards de dollars d'importations, sur un volume annuel total de 22,4 milliards. Dans le domaine des services et des marchés publics, l'offre du Mercosur "présente de grandes convergences avec la proposition de l'UE" présentée en juillet dernier, assure le Mercosur. En soulignant dans un communiqué que "l'objectif final est la constitution d'une zone de libre-échange avec l'Union européenne, sans exclure aucun produit", le Mercosur précise que "pour les autres produits, les périodes et les modalités de la libéralisation commerciale seront définies plus tard, durant le processus de libéralisation".

Les Européens ont accueilli très froidement cette offre, en soulignant que l'essentiel des biens industriels ne sont pas encore couverts alors que le Mercosur demande beaucoup dans le domaine agricole. Les diplomates européens reconnaissent toutefois en a parte qu'il était difficile d'obtenir beaucoup plus, au vu des difficultés internes du Mercosur: d'un côté, l'Argentine prépare dans la douleur et sous la pression du FMI un plan de réforme économique; de l'autre, des déclarations malencontreuses du ministre argentin de l'Economie sur la politique de change du Brésil avaient conduit la semaine dernière à une suspension de négociations commerciales bilatérales entre les deux ténors du Mercosur. De fait, le négociateur en chef du Mercosur et vice-ministre des Affaires étrangères de l'Uruguay, Guillermo Valles, a dû insister lundi devant la presse sur "l'aspect politique" de la proposition de libéralisation du Mercosur, qui "démontre l'intérêt politique du Mercosur pour les négociations de l'association inter-régionale". Il a souligné en outre que l'offre porte sur les droits ad valorem, "seul instrument de défense commercial du Mercosur", alors que l'offre européenne de juillet dernier couvrant en principe "100% des produits industriels et 90% des produits agricoles" ne tient pas compte des droits spécifiques imposés par l'UE. "Nous ne partageons pas l'analyse de l'UE selon laquelle son offre couvre 90% des échanges", a renchéri un diplomate du Mercosur.

Dans le secteur industriel, le Mercosur propose pour le moment de démanteler sur dix ans les droits de douane ad valorem pour cinq catégories de produits, selon un schéma qui peut se résumer ainsi: 1) une libéralisation totale à l'entrée en vigueur de l'accord pour 8,7% des importations de produits européens dans la zone Mercosur (en prenant 1998/2000 comme période de référence), soit l'équivalent de 2 milliards de dollars; 2) une libéralisation en huit ans sur 5% des produits, soit environ $ 1,1 milliard; 3) une libéralisation sur 10 ans pour 19,4% des importations, soit $4,4 milliards. Cette offre couvre "entre autres": les équipements mécaniques et électriques, représentant une valeur de $ 3,4 milliards par an, les produits chimiques et pharmaceutiques ($2 milliards), les équipements de transports ($738 millions), les instruments et équipements d'optique ($533 millions). L'automobile, une des priorités de l'UE, n'est, semble-t-il, pas incluse.

Dans le domaine agricole, environ 40% des importations en provenance de l'UE seraient couvertes, a indiqué le négociateur du Mercosur, sans entrer dans les détails des produits concernés. Du côté offensif, en revanche, le Mercosur devait insister, lors de ce 6ème round de négociation qui s'achèvera mercredi, pour que l'UE supprime les subventions à l'exportation sur ses exportations agricoles qui bénéficieront de tarifs préférentiels vers le Mercosur, et demander des compensations pour les exportations de produits bénéficiant de subventions à l'intérieur du marché européen.

En matière de services, "le Mercosur a présenté une contre-proposition comportant d'importantes convergences avec le texte proposée par l'UE. Les parties conviennent que le prochain chapitre sur les services doit être fondé sur les principes du GATS, tels que le traitement national, l'accès au marché, les modes de fourniture, la transparence, la reconnaissance mutuelle et les réglementations nationales", indique le communiqué du Mercosur. "Il s'agit de fixer le cadre juridique, sans entrer dans les spécificités de chaque secteur", constate un diplomate du Mercosur. La situation économique de l'Argentine ne semble pas permettre d'aller au-delà. Les Européens recherchent une ouverture notamment dans les secteurs des assurances, des transports maritimes et des télécommunications.

Dans le secteur des marchés publics, le Mercosur a "présenté une contre-proposition qui coïncide avec de nombreux points de la proposition présentée en juillet par l'UE, notamment sur les principes de base de garantir le traitement national aux entreprises des deux parties participant à des appels d'offres", indique-t-il, en précisant que "bien que le Mercosur n'ait pas encore fixé de règles internes sur ce sujet et que ses membres ne soient pas parties à l'accord de l'OMC sur les marchés publics, la présentation d'une contre proposition sur le sujet est un signe de sa détermination politique à conclure un accord".

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