Luxembourg, 30/10/2001 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales de lundi a adopté des conclusions sur l'Afrique, fruit de l'échange de vues sur l'évolution de la situation au Zimbabwe, dans la région des Grands Lacs africains, en Erythrée, ainsi que sur la nouvelle initiative africaine pour le développement du continent.
Voici la teneur des conclusions:
Zimbabwe - les résultats de la récente mission de la Troïka au Zimbabwe, et en particulier, la réponse décevante du ministre des Affaires étrangères zimbabwéen à l'offre européenne portant sur une mission électorale exploratoire et l'envoi d'observateurs pour les élections présidentielles au printemps 2002, a conduit le Conseil à décider la mise en œuvre de l'article 96 de l'accord de Cotonou. Des consultations préalables à la suspension éventuelle de la coopération de l'Union avec ce pays seront donc engagées avec les autorités du Zimbabwe « dans le cadre du renforcement du dialogue politique en cours sur la cessation de la violence politique, l'observation électorale, la liberté des médias, l'indépendance de la justice et la fin de l'occupation illégale des propriétés », a précisé à la presse le Président du Conseil, Louis Michel, avant d'ajouter: « Il est trop tôt pour parler de gel de la coopération. Nous espérons une réponse positive dans le cadre de ces consultations. Dans le cas contraire, des mesures proportionnelles seront prises, sachant qu'il est difficile d'envisager une aide au développement à long terme avec un pays qui ne rétablit pas ses relations avec l'Union » (mardi, à Harare, le ministre des Affaires étrangères Stan Mudenge a dit que le Zimbabwe est "prêt pour les consultations", mais n'accepte pas d'ultimatum).
Burundi - le Conseil a été informé de la démarche du médiateur Nelson Mandela auprès de la Présidence du Conseil et de la Commission (Bruxelles, les 15 et 16 octobre) sollicitant l'appui financier de l'Union à la constitution d'une unité spéciale de protection pour garantir la sécurité des politiciens exilés dès leur retour au Burundi prévu ce 1er novembre. Les ministres ont reconnu l'importance d'accorder un tel appui moyennant l'aval des parties au processus d'Arusha, celui des Nations Unies, l'obtention d'un mandat précis pour cette unité ainsi que la transparence budgétaire. « La Commission a répondu favorablement à cette demande, mais il n'est pas simple de libérer ces sommes», a fait observer Louis Michel, précisant: « Le montant total requis est de 86 millions de dollars. Il en faut 18 pour démarrer le processus, puis 5 millions par mois ». Et d'ajouter: « la Belgique s'est engagée à verser 5 millions de dollars, correspondant à un mois de financement d'une présence sur le terrain ».
République démocratique du Congo - informé de l'interruption du dialogue intercongolais lors de la réunion d'Addis Abeba, le Conseil invite toutes les parties à prendre date dans les meilleurs délais pour engager un dialogue de substance sur une transition démocratique assortie d'un calendrier réaliste, et souligne la nécessité de maintenir la pression pour accélérer le retrait des troupes étrangères.
Erythrée - le Conseil réitère sa préoccupation suite au rappel des chefs de missions de l'Union. Les Quinze maintiennent leur fermeté à l'égard du Président Isaias Afewerki et réexamineront la situation lors de leur prochaine session le 9 novembre.
Nouvelle initiative africaine - informé par Louis Michel de la réunion du 10 octobre à Bruxelles avec les chefs d'Etat africains promoteurs de l'initiative, le Conseil réitère son soutien au Nouveau partenariat pour le développement africain et assure qu'il lui accordera une attention particulière dans le cadre du dialogue Europe-Afrique.