Luxembourg, 30/10/2001 (Agence Europe) - En dressant devant la presse, lundi soir à Luxembourg, le bilan d'une « journée fort chargée », le président du Conseil de l'UE, Louis Michel, a souligné que les ministres des Affaires étrangères avaient eu une « discussion très large » sur la situation au Proche-Orient et les très fortes préoccupations que leur cause la dégradation de la situation. Les ministres allemand Joschka Fischer et français Hubert Védrine venaient de dire pour leur part aux journalistes que les Quinze ont conscience de la nécessité de trouver le plus rapidement possible un règlement définitif du conflit israélo-palestinien pour éviter un affaiblissement de la coalition internationale contre le terrorisme. « S'il n'y a pas un déblocage sur le Proche-Orient, il est certain que cela va mettre en péril la coalition », a ainsi estimé M. Védrine. M. Michel a réaffirmé qu'il faut tracer une perspective politique allant au-delà de « la micro-gestion au quotidien » et du « baby-sitting » consistant pour les ministres européens et MM. Solana et Patten à multiplier les visites sur place avec un effet réel mais temporaire de réduction des tensions. Répondant à une question sur les résultats des frappes sur l'Afghanistan et un éventuel changement de stratégie, M. Michel a estimé qu'il était encore trop tôt, trois semaines après le début des opérations, pour en faire l'évaluation mais, a-t-il ajouté, ces opérations « sont restées dans le cadre et il n'y a donc pas de raison de remettre en cause la solidarité dans la lutte contre le terrorisme ». « La coalition doit être solide », a-t-il ajouté avant de rappeler qu'il allait conduire une mission en Asie centrale pour évoquer la situation dans la région et l'ouverture de routes humanitaires vers l'Afghanistan. M. Michel devait se rendre entre mardi et jeudi successivement en Ouzbékistan, au Turkménistan et au Tadjikistan, à la tête d'une troïka composée de hauts fonctionnaires représentants MM. Solana, Patten et Piqué. Il devrait aussi faire une halte à Moscou avant de regagner Bruxelles. Les ministres, qui ont eu un très bref échange de vues sur l'Asie centrale, ont aussi réservé un accueil favorable au document de M. Solana sur la réévaluation de la politique de l'UE à l'égard de cette région (voir EUROPE d'hier, p. 5).
« A l'occasion du 10ème anniversaire de la Conférence de Madrid, l'UE estime nécessaire de rappeler sa conviction que le cadre du processus de paix, tel qu'il a été laborieusement construit au fur et à mesure des négociations et des accords entre les différentes parties, constitue le seul espoir raisonnable de mettre fin à un conflit dont la poursuite ne pourra manquer d'aggraver les souffrances des peuples », indique une déclaration adoptée lundi par le Conseil qui poursuit: « Au Proche-Orient, la situation ne cesse de se dégrader. La violence a atteint, ces derniers jours, un niveau inconnu depuis des années. La défiance, la peur et le ressentiment poussent à la radicalisation des esprits. L'absence de perspective politique encourage la poursuite de la confrontation et fait le jeu des extrémistes. L'UE appelle Israéliens et Palestiniens à reprendre immédiatement, sans préalable ni conditions, pendant qu'il est encore temps, le chemin de la négociation sur la base des recommandations du rapport Mitchell et du plan Tenet. Elle demande aux autorités israéliennes d'achever le retrait immédiat de leurs forces de la zone sous seule administration palestinienne (dite zone A). Elle demande à l'Autorité palestinienne de tout mettre en œuvre pour appréhender les responsables d'actes de violence à l'encontre d'Israël ». L'UE rappelle que la recherche d'une paix globale et durable nécessite que soient dûment pris en compte les volets israélo-syrien et israélo-libanais du conflit, une solution juste et viable des questions particulièrement complexes de Jérusalem et des réfugiés, et un soutien économique pour la population palestinienne. L'UE, en étroite collaboration avec les Etats-Unis et les autres partenaires concernés, réitère sa disponibilité à œuvrer en faveur d'un règlement définitif du conflit.