Bruxelles, 05/09/2001 (Agence Europe) - La présidente de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban, Nkosazana Dlamini Zuma, a remis au Président en exercice du Conseil de l'UE, Louis Michel, un projet de texte devant constituer une base entièrement nouvelle d'un consensus entre les participants sur le Moyen-Orient (voir EUROPE du 5 septembre, p.6). M. Michel s'est ensuite entretenu avec les représentants des Etats membres de l'UE, et son porte-parole Koen Vervaeke a indiqué à la presse que pour l'UE, ce projet de texte constituait "une base acceptable pour entamer les négociations" et que "les Quinze ont reconfirmé leur volonté de contribuer de manière constructive à la conférence". La Présidence belge a donc reçu le mandat de participer au groupe de rédaction convoqué par Mme Zuma. L'UE pourra ainsi se prononcer sur le texte remanié par Mme Zuma, qui s'était appuyée sur les arguments européens et du Secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa", a ajouté le porte-parole. Les participants ont à présent trois jours pour adopter la Déclaration finale et le programme d'action qui vont clôturer la conférence, le 7 septembre.
Dans le nouveau projet de texte, toute mention spécifique sur Israël a été retirée. Les propositions de l'UE concernent principalement les réparations pour l'esclavage et constituent une réponse aux demandes des pays africains en la matière. L'UE insiste aussi sur la mise en oeuvre de la "New African Initiative" (issue de la récente conférence de l'ONU à Bruxelles sur les pays les moins avancés) visant à promouvoir la démocratie et la gouvernance politique en Afrique, explique un haut fonctionnaire de la Commission européenne, en indiquant que l'UE propose d'utiliser cette initiative pour faire progresser la paix, l'éradication de la pauvreté et la lutte contre le racisme et la xénophobie. Louis Michel a dit à la presse: "Nous voulons éviter qu'un échec éventuel de la conférence soit attribué plus tard à l'UE".
Selon Emma Bonino, l'Europe devrait quitter la conférence de Durban
"Si les démocraties veulent (…) s'affirmer contre le racisme, la seule issue est d'abandonner la conférence de Durban. C'est un appel pressant et urgent que je lance aux gouvernements européens", a dit la parlementaire européenne Emma Bonino. Pour elle, "face à la tragédie que représente le conflit israélo-palestinien (…) l'opération grotesque et indigne qui consiste à dépeindre l'unique Etat démocratique de la région comme le seul qui nie les droits de l'homme, comme raciste et auteur d'épuration ethnique et de génocide, signifie ajouter de la haine à la haine, faire resurgir dans le monde le monstre de l'antisémitisme".