Bruxelles, 05/09/2001 (Agence Europe) - Pour lancer un vaste débat sur l'avenir des biotechnologies en Europe - secteur rentable et créateur d'emplois dans lequel l'Union européenne est largement à la traîne des Etats-Unis -, la Commission européenne a adopté, mardi à Strasbourg, un document de consultation à l'intention de toutes les parties intéressées, intitulé « Vers une vision stratégique des sciences du vivant et de la biotechnologie ».
Ce document, annoncé par Margot Wallström, Commissaire à l'environnement, lorsqu'elle avait présenté à la presse les nouvelles propositions de la Commission visant à relancer dans l'Union les autorisations de mise sur le marché des organismes génétiquement modifiés (voir EUROPE du 27 juillet, p. 5 et 6), dépasse largement le cadre des interrogations et craintes suscitées par les aliments issus du génie génétique dans l'opinion publique européenne. Il passe en revue tous les aspects de la révolution biotechnologique - recherche, applications, implications éthiques et sociétales, environnement, compétitivité de l'Europe, positionnement de l'Union en tant qu'acteur mondial responsable et influent, impératifs d'amélioration de la communication sur ces nouvelles technologies, etc. - révolution dont la Commission estime qu'elle est une réalité mondiale et qu'elle ouvre de nouvelles perspectives pour la protection de l'environnement, la santé, l'agriculture et la production alimentaire, la production d'énergie et les applications industrielles tant dans les pays industriels que les pays en développement (production industrielle de médicaments à un moindre coût et dans des conditions de sécurité accrue, meilleure adaptation des médicaments et des thérapies aux besoins individuels par le recours aux informations génétiques, modification des plantes et cultures vivrières pour qu'elles résistent à la sécheresse ou pour une gestion plus efficace des récoltes, nettoyage biologique des sites pollués, développement de sources d'énergie et de processus industriels plus propres).
Le document présente un panorama détaillé des enjeux, expose quelques pistes de réflexion de la Commission et énonce des questions spécifiques pour lesquelles elle sollicite tout particulièrement des réactions. Commentant cette initiative, le président de la Commission, Romano Prodi, déclare, dans un communiqué: « La maîtrise par l'Europe des nouvelles technologies de pointe, notamment dans le domaine des sciences du vivant et de la biotechnologie, et leur utilisation dans l'intérêt de la société revêtent une importance fondamentale à long terme. Nous devons être sûrs de nos priorités et préparer l'avenir pour garantir que l'Europe prendra sa place dans les prochaines décennies au premier rang du développement scientifique et technologique. Les enjeux sont immenses et complexes. Aussi important que soit le débat actuel centré sur les produits alimentaires génétiquement modifiés et les cellules souches, ces enjeux débordent largement ce cadre. En matière de sciences du vivant et de biotechnologies, l'Union a besoin d'une politique cohérente orientée vers l'avenir (…). Cette consultation devrait tous nous aider à élaborer des approches cohérentes qui répondent à nos objectifs et à nos préoccupations essentiels. Nous souhaitons en particulier recueillir l'avis des citoyens, des consommateurs et des patients, qui sont, au bout du compte, ceux qui prennent les décisions. Dans l'optique de notre nouvelle approche de la gouvernance, je souhaite encourager le dialogue et associer toutes les parties intéressées à ce secteur fondamental de l'action des pouvoirs publics. Dans ce débat, nous devrions nous efforcer d'éviter les simplifications et les généralisations abusives ».
A la mi-septembre, le document sera mis à disposition du public sur le site Internet de la Commission, à l'adresse: http: //europa.eu/int/comm/biotechnology.
Toutes les parties intéressées sont invitées à faire leurs commentaires avant le 23 novembre 2001 soit par courrier à l'adresse « Biotechnologie, BREY 7/329, Commission européenne, rue de la Loi 200, B-1049 Bruxelles, soit par fax: + 32 2 295 76 37, soit par courrier électronique à ec-biotechnology@cec.eu.int.
Pour enrichir le débat, la Commission organisera également une conférence les 27 et 28 septembre prochains à Bruxelles à laquelle seront conviées plus de 400 personnes.
Les fruits de cette consultation alimenteront les travaux de la Commission, qui compte présenter avant la fin de l'année un document politique à ce sujet, probablement sous la forme d'un Livre blanc.