Bruxelles, 01/08/2001 (Agence Europe) - La Commission et la Mauritanie ont ratifié mercredi matin, après de longues tractations entamées le 10 juillet, un nouveau protocole à leur accord de pêche d'une durée de cinq ans (du 1er août 2001 au 31 juillet 2006). Il permet aux navires européens (espagnols, italiens, portugais, français, grecs, néerlandais, allemands et irlandais) d'accroître leurs possibilités de pêche, tandis que les Mauritaniens obtiennent un soutien financier plus important pour compenser le pillage de leurs ressources. Avec une contribution communautaire qui passe de 266,8 millions d'euros à 430 mios sur cinq ans (86 millions par an en moyenne), ce protocole de pêche devient le plus important conclu avec un pays tiers. Les négociations ont été d'autant plus difficiles que l'Espagne, qui reste le principal pays bénéficiaire de cet accord, souhaitait accroître davantage les droits de pêche pour permettre à certains de ses bateaux, qui ne peuvent plus pêcher dans les eaux marocaines (suite à l'échec du renouvellement de l'accord avec le Maroc), de réorienter leurs activités. Selon un expert de la Commission, Madrid n'a pas obtenu autant que ce qu'elle aurait souhaité (recaser une vingtaine de bateaux), « mais c'est certainement le pays dont la part d'augmentation est la plus grande » concernant les céphalopodiers.
Les nouvelles possibilités de pêche sont les suivantes: Céphalopodiers: le nombre de navires autorisés à pêcher, limité à 42 en moyenne lors du protocole précédent (1996/2001), passe à 55 (une quarantaine de bateaux espagnols, ensuite 4 ou 5 navires italiens). Chalutiers congélateurs pélagiques: le nombre de navires a été réduit de 22 à 15, ce type de pêche concernant surtout les Pays-Bas. Thoniers: le nombre de thoniers canneurs et palangriers de surface croît de 57 à 67. Le tonnage des navires pêchant le merlu noir reste fixé à 8 500 tonnes de jauge brute (TJB), tandis que celui des navires pêchant les crustacés autres que les langoustes (crevettes et crabes) est relevé de 5 500 TJB à 6 000 TJB.
Une partie des 430 millions d'euros de contribution financière de l'UE servira à financer des actions ciblées de modernisation du secteur mauritanien (recherches scientifiques et techniques sur l'état des stocks) et des mesures visant à améliorer le contrôle et la surveillance des activités de pêche (notamment, système de localisation par satellite). Les redevances versées par les propriétaires de navires (40 millions d'euros en moyenne sur cinq ans selon le protocole précédent) ont été revues à la hausse de 25% pour les chalutiers pélagiques et les thoniers et de 8 à 18% pour les autres navires. La Commission annonce que, pour « garantir une pêche durable », une réunion scientifique sera organisée chaque année afin d'évaluer l'état des stocks, surtout des céphalopodes.