Bruxelles, 01/08/2001 (Agence Europe) - Afin de mieux lutter contre certaines maladies humaines d'origine alimentaire (salmonelloses) ou transmises à la suite de la contamination d'élevages surtout avicoles (poulets et poules pondeuses), la Commission européenne a adopté, ce mercredi, un rapport sur la situation actuelle accompagné de deux propositions visant à réviser la législation actuelle sur la prévention et le contrôle des zoonoses (il s'agit plus précisément de remplacer la directive de 1992 par deux nouveaux textes, un règlement et une directive). Selon un expert de la Commission, l'objectif de cette nouvelle stratégie consistera, après une longue période de transition, à mettre sur le marché uniquement les œufs provenant de cheptels testés négativement. Il a indiqué que parmi les 2000 variétés de zoonoses recensées, seules deux d'entre elles (Salmonella et Campylobacter, avec respectivement 165 000 et 126 000 cas et un cas mortel pour mille) sont responsables de 80% des cas de maladies humaines, mais qu'elles étaient d'autant plus difficiles à prévenir qu'elles ne sont pas décelables chez les animaux.
La directive proposée vise à rendre obligatoire la surveillances de 8 types de zoonoses (contre 4 actuellement) et à la renforcer grâce aux mesures suivantes: - mieux coordonner les activités pour faciliter la coopération entre les autorités chargées de la santé publique et de la santé animale ; - harmoniser le système actuel de collecte des données en créant des critères communs ; - mettre sur pied des programmes coordonnés de surveillance, cofinancés par la Communauté, dont les résultats d'enquête permettraient de servir de références en vue d'une éventuelle modification des objectifs de réduction des agents pathogènes ; - assurer une meilleure surveillance des foyers d'intoxication alimentaire collective ; - inclure aussi la surveillance de la résistance des organismes zoonotiques aux antibiotiques.
La proposition de règlement, axée sur le contrôle et la gestion des risques au sein des élevages, jette les bases d'une nouvelle approche grâce à la fixation d'objectifs (cibles) de réduction des agents pathogènes, selon l'échéancier suivant: - 2005 pour les cheptels de poulets reproducteurs ; - 2006 pour les poules pondeuses ; - 2007 pour les poulets de chair et 2008 pour les dindes et les porcs de reproduction. Au terme d'une période de transition, des restrictions à la commercialisation seront mises en œuvre (à compter de 2008) pour les œufs de table provenant de cheptels soupçonnés de contenir des types précis de salmonelles ou reconnus comme tels. La viande de volaille devra également satisfaire à des critères microbiologiques spécifiques à partir de 2009. Une procédure est prévue pour fixer des objectifs concernant d'autres populations animales ou des agents zoonotiques autres que les salmonelles. Pour remplir ces exigences, les Etats membres devront adopter des programmes nationaux de contrôle et encourager une collaboration du secteur privé. Des certificats précisant le statut au regard des salmonelles seront rendus obligatoires, selon le calendrier mentionné ci-dessus, pour les échanges entre Etats membres des animaux vivants et œufs à couver concernés. Des mesures de certification équivalentes à celles de l'UE seront exigées pour les importations de pays tiers à l'intérieur du territoire communautaire, selon le même calendrier. La proposition octroie à la Commission la possibilité d'exclure certaines méthodes de contrôle des zoonoses, telles que l'utilisation d'antibiotiques ou les vaccinations, ou de décider de leurs conditions d'utilisation.
Le rapport examine l'expérience acquise depuis le milieu des années 90 dans la lutte contre les zoonoses et conclut qu'une modification fondamentale de l'approche de la surveillance et du contrôle est nécessaire. Il indique qu'en 1999, seuls six Etats membres (Danemark, Irlande, Finlande, Suède, Autriche, France) appliquaient pleinement les dispositions communautaires sur le contrôle des zoonoses.