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Bulletin Quotidien Europe N° 8019
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe/grece

L'UE élargie a besoin d'une "nouvelle locomotive", dit M. Simitis, qui plaide pour un modèle fédéral

Athènes, 01/08/2001 (Agence Europe) - Le Premier ministre grec Costas Simitis, en intervenant début juillet à un séminaire sur "L'avenir de l'Europe et de la Grèce" organisé par le Centre hellénique d'études européennes (EKEM), avait plaidé pour une Union européenne évoluant dans le sens d'une Union politique (voir EUROPE du 14 juillet, p.4). "Il est presque certain que la réalité politique actuelle, même si certaines solutions institutionnelles ont été trouvées à Nice, renforcera ultérieurement les forces centrifuges dans une Union de 27 Etats membres ou plus (...). Nous devons aller de l'avant. C'est la seule option", affirme M. Simitis, qui constate qu'à Nice, "nous n'avons pas parlé de la manière de répondre au besoin d'une nouvelle force d'impulsion politique, une nouvelle locomotive qui, dans l'Union élargie de demain, sera plus nécessaire que jamais". Dans la partie de son discours consacrée aux questions institutionnelles, Costas Simitis estime qu'il est "vital" d'éviter, dans l'Union élargie, de "retomber au minimum dénominateur commun de volonté politique" et d'"empêcher que le dernier bateau du convoi détermine le rythme de l'ensemble".

Selon le Premier ministre grec, il faudra donc, à l'avenir, concevoir un système capable d'"évoluer de manière flexible en respectant la dynamique des sociétés (...), ceux qui veulent aller de l'avant dans un certain secteur, mais aussi ceux qui hésitent ou ne sont pas encore capables de le faire". Ceci signifie, selon lui: - une Europe avec un "système d'intégration différencié" dans lequel tous participeraient pleinement aux "mécanismes fondamentaux d'intégration", mais permettant à ceux qui sont prêts à "céder une plus large part de leurs choix souverains au projet d'intégration de passer à des stades plus poussés d'intégration approfondie"; - l'évolution vers une Union politique. Là, M. Simitis affirme que "le modèle pour la transformation finale de l'Union européenne qui, selon nous, sert nos principaux objectifs politiques est le "modèle fédéral fondé sur le système communautaire et la méthode communautaire d'intégration". Ce système "permet de bâtir une "souveraineté européenne" et de reconquérir collectivement des parties de la souveraineté que nous perdons individuellement", dit-il, en estimant que "la coalition de ceux qui peuvent et veulent pratiquer un modèle fédéral peut être la réponse à la nécessité d'une forte force politique d'impulsion pour l'avenir de l'Europe".

Concrètement, M. Simitis estime que: - le Conseil des ministres pourrait évoluer dans le sens d'une deuxième chambre législative "articulant les intérêts des Etats membres", alors que le Conseil européen "doit rester l'organe politique suprême de l'UE"; - le rôle du Parlement européen et le statut des partis politiques européens doivent être renforcés, ainsi que la possibilité des parlements nationaux d'influencer le processus d'intégration européenne; - le développement des politiques et compétences de l'UE exige "la définition de principes clairs sur la manière de les exercer", mais "ce serait une grave erreur que d'essayer de rédiger un "catalogue des compétences" comme moyen de délimiter ces compétences". L'Union doit rester un système flexible de "pouvoirs partagés", estime M. Simitis, qui craint qu'une distribution stricte des compétences entraîne la renationalisation des politiques ou même "un gel du processus d'intégration; - afin de faire des citoyens "des parties actives au processus d'intégration (...) l'Europe a besoin d'une Constitution".

M. Simitis avait commencé par dire que le débat sur l'avenir de l'Europe ne doit pas se limiter aux "institutions et procédures", et que "le contenu de l'intégration doit être le premier thème à l'ordre du jour". "Nous devons discuter ouvertement de l'identité européenne, du rôle de l'Union et de ses responsabilités dans le monde", a-t-il souligné, en estimant en particulier que le "nouvel équilibre résultant de la mise en place de l'Union monétaire exige qu'on atteigne de nouveaux objectifs, y compris": - le renforcement des "politiques redistributives"; - l'actualisation et le renforcement du modèle social européen, notamment en incluant dans le traité des dispositions spéciales sur l'emploi, la lutte contre la pauvreté et la marginalisation, ainsi que des dispositions plus fortes sur l'éducation comme moyen pour surmonter l'isolement social, et aussi sur la santé; - le renforcement de la coordination macroéconomique, car l'intervention de la Banque centrale européenne "ne peut pas remplacer les orientations fondamentales et générales d'une politique commune", ni" une vision et une autorité politique plus vaste". Dans ce contexte, M. Simitis se prononce aussi pour un plus grand rôle de l'UE en matière de fiscalité; - des "ressources financières adéquates, stables et prévisibles", ce qui signifie qu'il faut rediscuter le volume et le financement du budget de l'Union; - le développement de politiques permettant de faire face aux problèmes quotidiens des citoyens (environnement, sécurité alimentaire, sécurité intérieure, immigration...); - le développement d'une véritable politique étrangère commune et d'une politique européenne commune de défense et d'une défense commune, qui se développerait de manière complémentaire à l'OTAN, en "assumant graduellement le caractère d'un système collectif de sécurité fondé sur les principes de la solidarité et de l'assistance mutuelle"; - l'insertion de la Charte des droits fondamentaux dans les "textes institutionnels de l'Union en tant que texte juridiquement contraignant", car cette Charte "confirme l'identité et la culture politique de l'Union dans le système international plus vaste".

 

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