Bruxelles, 01/08/2001 (Agence Europe) - Réunis du 9 au 15 juillet à l'Ecole Supérieure des Arts et Métiers (ENSAM) à l'initiative du Centre de Conférences Internationales de Cluny, 71 jeunes entre 18 et 30 ans provenant de 26 pays de l'Union européenne et de pays candidats ont adopté un projet de Constitution européenne (voir EUROPE des 2/3 juillet, p.6). Les participants ont structuré leurs travaux (à Cluny, en Bourgogne) en s'inspirant de la méthode de la Convention qui, sous la présidence de Roman Herzog, avait rédigé la Charte des droits fondamentaux de l'UE. Cette fois-ci, les débats se sont déroulés au sein de sept commissions sur les différentes parties de la Constitution, en prenant comme base la Charte des droits fondamentaux et la version simplifiée du Traité de l'UE élaborée par l'Institut universitaire européen de Florence. Après trois jours de travail en commission, une assemblée générale de trois jours a voté des amendements et adopté le projet.
Un communiqué souligne que 71 citoyens européens "sans expertise particulière, provenant de 26 pays différents", sont parvenus, en seulement six jours et en dépit de cultures et traditions différentes, à travailler ensemble et à parvenir à un consensus grâce à un débat structuré (en français et en anglais). Les jeunes étaient assistés par des experts, dont le rôle n'était pas d'"imposer leurs vues mais plutôt de guider la réflexion", précise le communiqué. Et il annonce que deux représentants de la Convention de Cluny présenteront le texte final au Comité économique social de l'UE, et que ce texte apparaîtra sur le site web de la Commission européenne (http: //http://www.europa.eu.int/comm/index_fr.htm ), qui a soutenu le projet financièrement et proposé de traduire le texte dans les onze langues officielles de l'Union.
Les jeunes réunis à Cluny annoncent la création d'un Réseau des citoyens européens qui entend développer des liens avec les institutions européennes. Le Réseau des citoyens européens a adopté une déclaration dans laquelle les jeunes réunis en Convention à Cluny affirment en particulier: - que "les citoyens européens sont à l'avant-garde par rapport aux politiques et aux décisions des institutions européennes et intergouvernementales" de l'UE; - qu'"il est un leurre de croire que les citoyens sont réticents à l'idée européenne", et que cette "prétendue apathie se transformera en enthousiasme" si les responsables politiques et les médias remplissent leur rôle; - qu'"un processus constitutionnel doit s'instaurer rapidement"; - qu'il faut réformer le mode d'élections des députés européens; - qu'il faut élaborer "une règle sur les référendums en Europe"; - que les droits sociaux des citoyens doivent être assurés; - que, lors des adhésions de nouveaux Etats membres, il faudra assurer "l'esprit de solidarité", en tenant compte de leur situation économique et sociale. Enfin, la déclaration demande que "les citoyens des nouvelles générations soient écoutés à tous les niveaux" par les institutions européennes et nationales.