Bruxelles, 23/07/2001 (Agence Europe) - Dans l'attente d'une confirmation officielle de la destitution du président Abdurrahman Wahid et de son remplacement à la tête de l'Etat par Megawati Sukarnoputi, la Commission européenne a espéré, ce lundi, que le processus conduit par le Parlement indonésien se poursuivra "dans le calme et sans violence". "Cette question est d'abord et surtout une affaire intérieure. C'est aux forces politiques de l'Indonésie de trouver une issue à cette impasse, tout en respectant les principes démocratiques et la constitution", a indiqué le porte-parole. L'ASEAN devrait faire une première évaluation de la situation, à ce "stade encore précoce", dans le cadre du Forum régional qui se tiendra, ce mercredi à Hanoi (voir autre nouvelle, p.9).
"Jusqu'à présent, la situation est calme et nous encourageons fortement les forces politiques et de sécurité à (la) maintenir telle quelle", expliquait-on à Bruxelles, en se référant au petit nombre de manifestants, un millier à peine, qui défilaient devant le siège de l'Assemblée du Peuple. Pour autant, la Commission regrette que le processus de destitution enclenché en février dernier par les députés "ait détourné l'attention des défis réels auxquels l'Indonésie est confrontée et qui doivent être relevés de toute urgence par celui ou celle qui gouvernera le pays", notamment la décentralisation vers une autonomie régionale accrue, la stabilisation financière (compte tenu de la hausse du déficit budgétaire) et le rétablissement de la croissance économique. Elle se dit "prête à soutenir les efforts de stabilisation économique et politique". Actuellement, l'aide communautaire représente environ 33 millions d'euros par an, qui sont essentiellement consacrés à la progression vers l'autonomie régionale et la conservation des forêts.