Bruxelles, 23/07/2001 (Agence Europe) - Dans son dernier rapport sur les prix des voitures, faisant le bilan de la situation au 1er mai 2001, la Commission européenne constate qu'il existe toujours des écarts de prix importants pour les voitures neuves au sein de l'UE.
Dans ses conclusions générales, la Commission souligne que malgré la récente dépréciation de la livre sterling, les prix des voitures neuves restent toujours élevés au Royaume-Uni par rapport à la zone euro. La Grèce (qui a rejoint entre-temps la zone euro le 2 janvier dernier), la Finlande, l'Espagne, les Pays-Bas ainsi que le Danemark, qui n'est pas non plus membre de la zone euro, sont les marchés où, les prix hors taxes des voitures sont généralement les plus bas. Le rapport évoque des écarts de prix dépassant 30% et pouvant même atteindre 50% pour certains modèles. Ces écarts importants concernent des modèles très vendus comme l'Opel Corsa (37,4%), la Renault Clio (31,6%), la Volkswagen Golf (33,1%) et l'Opel Astra (51,6%).
Le rapport compare les prix pratiqués par 17 constructeurs européens (contre 15 auparavant) et 8 constructeurs japonais au premier mai 2000 pour 81 modèles les plus vendus. Il ressort de l'analyse que:
1) l'Allemagne, pour un certain nombre de modèles, et l'Autriche sont les marchés les plus chers. En Allemagne, 46 modèles sur les 81 affichent un prix dépassant de plus de 20% le prix pratiqué sur au moins un autre marché de la zone euro (Grèce comprise) ;
2) les prix des voitures neuves ont diminué ou sont restés stables au Royaume-Uni. Ce marché reste néanmoins le plus cher pour 52 des modèles considérés. Par rapport à la situation au 1er novembre 2000, 18 modèles vendus au Royaume-Uni ont vu leur prix diminuer de plus de cinq points de pourcentage. Toutefois, comme les prix pratiqués outre-Manche sont toujours beaucoup plus élevés que dans les autres Etats membres, de nombreux consommateurs britanniques continuent d'acheter leurs voitures sur le continent. La Commission est, par ailleurs, toujours fréquemment sollicitée par des consommateurs britanniques qui se plaignent d'être confrontés à des obstacles lors de l'achat d'un véhicule dans un autre Etat membre ;
3) la faiblesse générale des prix hors taxes en Finlande, au Danemark et en Grèce est largement liée aux politiques des constructeurs en matière de prix. En raison de l'importance des taxes frappant l'achat d'un véhicule dans ces pays, la plupart des constructeurs fixent leur prix catalogue hors taxes à un bas niveau afin que les prix taxes comprises restent abordables. A l'opposé, dans d'autres pays tels que l'Allemagne où ces taxes sont moindres, le niveau des prix hors taxes est généralement plus élevé.
Commentant le rapport, le Commissaire Mario Monti chargé de la concurrence a souligné notamment que « la surveillance des écarts de prix pour les voitures neuves demeure une priorité de la Commission, en particulier au regard de l'élaboration en cours du futur cadre juridique qui régira la distribution des véhicules à moteur ». EUROPE rappelle que dans le cadre du futur régime applicable à la distribution automobile qui doit être mis en place début octobre 2002, la Commission examine actuellement de très près les évolutions du marché en question afin d'évaluer la validité du régime. La question principale est de déterminer s'il existe toujours des raisons valables de proroger l'exemption aux règles de concurrence accordée au secteur automobile dans le régime en vigueur. Les constructeurs et les concessionnaires prônent, sans surprise, une prorogation de l'exemption actuelle qui les dispense d'appliquer stricto sensu les règles de concurrence prévues par le Traité. Les associations de consommateurs, Beuc en tête, jugent, au contraire, que le régime actuel est contraire aux règles de la libre concurrence étant donné le cloisonnement du marché et le maintien de prix artificiellement élevés.
Par ailleurs, réagissant à la publication de ce rapport, l'ACEA (Association des constructeurs européens automobiles) a publié ses propres conclusions selon lesquelles les critiques à l'égard des différences de prix ne sont pas justifiées. « Les différences de prix pour les voitures dans l'Union européenne sont moindres que pour d'autres biens de consommation », estime-t-elle. Selon les calculs de l'Association, les écarts entre les prix moyens des modèles de voitures recensés par la Commission sont inférieurs à 9% et même à 7% au sein de la zone euro alors que ces écarts s'établissent à 12% pour d'autres biens de consommation. Les critiques selon lesquelles l'exemption actuellement accordée au secteur automobile engendre des différences de prix élevées sont ainsi « manifestement non fondées », conclut l'ACEA.
La version électronique condensée du rapport de la Commission et les barèmes des constructeurs sont disponibles sur Internet à l'adresse suivante: http: //europa.eu.int/comm/competition/car_sector/.